À l’approche des élections, les derniers sondages placent les deux principaux partis sous la barre des 30 %, tandis que le parti Opportunity s’impose à nouveau comme l’arbitre incontournable du scrutin.
Un paysage politique fracturé et un duel incertain entre le National et le Labour
La course électorale en Nouvelle-Zélande se resserre à un mois du scrutin. D’après le sondage 1News Verian réalisé du 1er au 5 octobre auprès de 1001 électeurs inscrits, avec une marge d’erreur de ±3,1 points de pourcentage au niveau de confiance de 95 %, le Parti national recueille 29 % des intentions de vote, en progression d’un point. Le Parti travailliste (Labour), stagne quant à lui à 28 %.
Cette situation contraste fortement avec les données publiées simultanément par d’autres instituts. Le Labour y devance son rival en s’établissant à 30,8 %, malgré un recul de 1,4 point. Pour les dirigeants des deux grands partis, la prudence reste de mise alors que les électeurs continuent d’hésiter, 11 % d’entre eux se déclarant encore indécis selon l’enquête de 1News. Alors que le directeur de campagne du National, Simeon Brown, a reconnu un scrutin serré, le dirigeant de NZ First, Winston Peters, a quant à lui balayé les données d’un revers de main en déclarant que les sondages n’ont aucune valeur.
Le sondage 1News Verian enregistre également les préférences des électeurs pour le poste de Premier ministre, plaçant Christopher Luxon à 20 %, en hausse d’un point, et Chris Hipkins à 18 %, en progression de quatre points. Derrière eux, Winston Peters recueille 9 %, la coprésidente des Verts Chlöe Swarbrick atteint 7 %, le chef d’ACT David Seymour pointe à 5 %, et le député travailliste Kieran McAnulty recueille 2 %.
La percée historique des Verts et le rôle clé d’Opportunity
Pendant que les deux mastodontes politiques peinent à progresser, les formations de moindre importance modifient l’équilibre des blocs. Le Parti vert (Greens) enregistre un score record à 16 % des voix, son meilleur résultat historique dans cette série de sondages, ce qui lui vaudrait une vingtaine de sièges au Parlement si la tendance se confirme.
De son côté, le parti Opportunity, mené par Qiulae Wong, obtient 7 % d’intentions de vote. Ce niveau place la formation en position d’arbitre, ou kingmaker
, indispensable pour permettre à l’un ou l’autre des blocs de rassembler une majorité. Toutefois, les alliances potentielles se heurtent à des lignes rouges stratégiques.

Qiulae Wong a déclaré à 1News : « Nous avons dit très clairement qu’il y a beaucoup de sujets sur lesquels nous pourrions travailler avec le National… c’est simplement de la politique politicienne, et le soir de l’élection, ils changeront peut-être de ton ».
Nous voulons travailler avec les partis qui ne veulent pas de nouveaux impôts.
It’s as simple as that
, a déclaré le dirigeant nationaliste, cité par 1News. Cette fin de non-recevoir ferme pour l’instant une porte à droite et conforte l’hypothèse d’une alternative menée par la gauche avec l’appui des Verts.
Les dynamiques de report des sièges et les tensions autour des débats télévisés
Sur la base de la répartition des sièges du dernier sondage 1News-Verian, le bloc de droite unissant le National, New Zealand First (crédité de 10 %) et ACT (9 %) totalise 58 sièges. À gauche, l’alliance potentielle entre le Labour, les Verts, Te Pāti Māori et le mouvement de l’électorat de Te Tai Tokerau atteint également 58 sièges. Avec ses huit députés potentiels, Opportunity détient donc le pouvoir de faire basculer la majorité. D’autres projections, fondées sur les variations d’attribution des sièges maoris, évaluent le bloc de gauche à 54 sièges tout en maintenant la droite à 58, laissant dans tous les cas un rôle décisif au parti d’Opportunity.
| Parti politique | Intentions de vote (1News-Verian) | Évolution |
|---|---|---|
| Parti national | 29 % | +1 pt |
| Parti travailliste (Labour) | 28 % | Stable |
| Parti vert (Greens) | 16 % | Stable |
| New Zealand First | 10 % | +1 pt |
| ACT | 9 % | -2 pts |
| Opportunity | 7 % | +1 pt |
| Te Pāti Māori | 1 % | Stable |