Publié le 13 janvier 2024 11h05. Une étude internationale révèle qu’un quart de la population adulte mondiale pourrait bénéficier de médicaments contre l’obésité, soulevant des questions cruciales sur l’accès à ces traitements et la nécessité de politiques de santé publique adaptées.
- Près d’un quart des adultes dans le monde (27 %) pourraient être éligibles à des traitements médicamenteux contre l’obésité, selon une vaste étude.
- Les pays à revenu faible ou intermédiaire concentrent la majorité des personnes concernées (environ 80 %).
- L’étude souligne l’importance de considérer les différences liées au sexe et à l’âge dans l’élaboration des politiques de santé.
L’obésité, en forte progression à l’échelle mondiale, est devenue un enjeu majeur de santé publique, augmentant considérablement les risques de diabète, de maladies cardiovasculaires et de certains cancers. Au cours des trois dernières décennies, sa prévalence a doublé, exerçant une pression croissante sur les systèmes de santé et les économies du monde entier.
Une étude coordonnée par des chercheurs du Mass General Brigham, en collaboration avec l’École de médecine de l’Université de Washington à Saint-Louis et l’École de santé publique Rollins de l’Université Emory, a cherché à déterminer l’ampleur de la population adulte susceptible de bénéficier des médicaments GLP-1 (agonistes du récepteur du glucagon de type 1), une classe de médicaments déjà utilisée pour la gestion du poids. Les résultats de cette recherche ont été publiés dans la revue The Lancet Diabète et endocrinologie.
L’analyse s’est appuyée sur des données provenant d’enquêtes sur la santé menées auprès de 810 635 adultes âgés de 25 à 64 ans, dans 99 pays, entre 2008 et 2021. Les chercheurs ont pris en compte l’indice de masse corporelle (IMC), la tension artérielle, les biomarqueurs du diabète et les antécédents d’hypertension ou de diabète pour évaluer l’éligibilité au traitement par les médicaments GLP-1. Sont considérées comme éligibles les personnes ayant un IMC supérieur à 30 ou un IMC supérieur à 27 associé à l’hypertension, au diabète ou aux deux.
L’étude révèle que 27 % des adultes inclus dans l’analyse répondent aux critères d’éligibilité pour ces médicaments. Une proportion particulièrement élevée, environ quatre adultes sur cinq, se situe dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Les taux d’éligibilité les plus élevés ont été observés en Europe et en Amérique du Nord, où 42,8 % des adultes sont concernés.
Des disparités significatives ont également été constatées en fonction du sexe et de l’âge. Les femmes présentent une probabilité d’éligibilité plus élevée que les hommes (28,5 % contre un pourcentage plus faible), et l’admissibilité augmente avec l’âge, atteignant 38,3 % chez les personnes âgées, contre 17,9 % chez les jeunes adultes. Ces différences, soulignent les auteurs, doivent être prises en compte dans la conception des politiques de santé publique.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) étudie actuellement la possibilité d’intégrer les médicaments GLP-1 dans les protocoles de traitement standards et abordables. Cependant, l’expansion de leur utilisation à l’échelle mondiale pose des défis logistiques importants, notamment en termes de capacité de production, d’accès des patients aux traitements et de répartition équitable entre les différentes régions et populations.
Les chercheurs insistent sur la nécessité de mener des études complémentaires pour évaluer la sécurité à long terme de ces médicaments et vérifier si leurs effets bénéfiques se maintiennent dans le temps. L’accès à ces traitements reste un obstacle majeur, en particulier dans les régions où ils sont difficiles à obtenir. Parallèlement, ils rappellent l’importance de poursuivre les efforts de prévention et de traitement de l’obésité par des approches non médicamenteuses, domaine dans lequel les solutions efficaces et largement applicables restent limitées.