Le 6 juin 2026, le Cockroach Janta Party (CJP) a organisé sa première manifestation à Jantar Mantar, New Delhi, rassemblant jusqu’à 2 000 personnes. Les manifestants, principalement des étudiants, exigent la démission du ministre de l’Éducation, Dharmendra Pradhan, suite aux fuites massives de sujets d’examens nationaux comme le NEET-UG.
La stratégie de la police de Delhi pour apaiser la colère
L’approche des autorités a été inhabituelle, voire précipitée. Selon The Hindu, la police de Delhi a accordé l’autorisation de manifester à Abhijeet Dipke en quelques minutes seulement après son arrivée à l’aéroport Indira Gandhi International. Cette décision a contourné la norme habituelle d’un préavis de 10 jours. L’objectif était clair : pacifier l’anxiété des jeunes et éviter un débordement. Des sources gouvernementales suggèrent que le refus d’une telle autorisation aurait pu pousser les manifestants à prendre d’assaut le commissariat ou le lieu de rassemblement, exacerbant ainsi la tension.Peut-être craignaient-ils une répétition de la situation au Bangladesh et au Népal où il était difficile de contrôler la colère de la génération Z. Ils ont dû penser qu’il valait mieux autoriser la manifestation que de tenter de la restreindre d’une manière ou d’une autre.

Un système éducatif en crise : NEET, CBSE et SSC
Le cœur de la colère réside dans l’effondrement perçu de l’intégrité des examens nationaux. Le CJP a ciblé Dharmendra Pradhan pour sa gestion des fuites de sujets et des dysfonctionnements techniques affectant le NEET, le CBSE, le CUET et le SSC. Pour des milliers d’étudiants, ces erreurs administratives ne sont pas de simples “glitchs”, mais des trajectoires de vie brisées. Comme le rapporte Scroll.in, Zeenat, une adolescente de 16 ans venue du Bihar, a vu son examen d’entrée en médecine annulé, l’obligeant à repasser l’épreuve le 21 juin.Je me sens très découragée. J’étais certaine d’entrer dans une faculté de médecine cette fois-ci, mais ils ont annulé l’épreuve.

Fractures politiques et endorsements opportunistes
La manifestation a révélé un paysage politique fragmenté. D’un côté, des figures comme Arvind Kejriwal et Uddhav Thackeray ont soutenu le mouvement, affirmant que les jeunes affectés par les fuites du NEET ne devaient pas être ridiculisés. De l’autre, le BJP a réagi avec mépris. Selon ThePrint, Nitin Nabin, chef du BJP, a critiqué sans le nommer Dipke, suggérant que des individus résidant à l’étranger tentaient de manipuler la jeunesse indienne comme des “marionnettes”. Le positionnement de la gauche est plus nuancé. Si Brinda Karat du CPI(M) a soutenu la demande de démission de Pradhan, le Parti Communiste de l’Inde (CPI) a exprimé sa sympathie pour les étudiants tout en refusant d’apporter un soutien formel au CJP en tant qu’organisation. Cette divergence montre que si le grief (les examens) est universel, le véhicule du protestation (le CJP et son esthétique satirique) reste controversé au sein de l’opposition institutionnelle.L’effet “Trailer” : vers une escalade du mouvement
L’aspect le plus inquiétant pour le gouvernement réside dans la rhétorique employée par le CJP. Le mouvement ne se présente pas comme une action ponctuelle, mais comme l’amorce d’une vague plus large.Les cafards ont montré leur force pacifiquement en demandant la démission de Dharmendra Pradhan pour avoir détruit notre système d’éducation. C’était un trailer de ce qui arrive ensuite si ceux qui sont responsables de la mise en péril de notre avenir ne font face à aucune responsabilité.

