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Pourquoi Ben Sulayem semble prêt à remporter la réélection du président de la FIA sans opposition

by Camille Renault

Publié le 26 octobre 2023 à 16h30. La réélection de Mohammed Ben Sulayem à la tête de la FIA pour un second mandat semble acquise, faute de candidats adverses capables de présenter une équipe complète et éligible pour les élections de décembre à Tachkent.

  • Mohammed Ben Sulayem est quasiment assuré d’être réélu président de la FIA en décembre.
  • Aucun des candidats potentiels (Tim Mayer, Laura Villars, Virginie Philippot) ne semble en mesure de constituer une liste présidentielle complète.
  • La composition des équipes candidates est soumise à des règles strictes, notamment en matière de représentation géographique.

Les espoirs de voir un nouveau visage prendre la direction de la Fédération Internationale de l’Automobile (FIA) en décembre prochain s’amenuisent. Alors que le président sortant, Mohammed Ben Sulayem, brigue un second mandat de quatre ans lors des assemblées générales prévues à Tachkent, en Ouzbékistan, les obstacles semblent insurmontables pour ses éventuels challengers.

Trois candidats potentiels s’étaient manifestés : l’ancien commissaire de Formule 1 Tim Mayer, la pilote suisse Laura Villars et la présentatrice de télévision belge Virginie Philippot. Cependant, pour être éligibles, ces candidats doivent constituer une liste présidentielle complète, comprenant des postulants aux fonctions de président du Sénat, de vice-président pour la mobilité automobile et le tourisme, ainsi que de vice-président pour le sport. Cette liste doit également inclure sept vice-présidents chargés du sport, répartis géographiquement.

Un point crucial bloque actuellement toute opposition sérieuse : la composition du Conseil Mondial du Sport Automobile (WMSC). Les candidats à ce conseil doivent être proposés par les ASN (Autorités Sportives Nationales) de leur pays et doivent répondre à des critères d’éligibilité stricts. La liste des candidats éligibles a été publiée et ne contient qu’un seul représentant potentiel pour l’Amérique du Sud : Fabiana Ecclestone, l’épouse de l’ancien magnat de la Formule 1, Bernie Ecclestone, et actuelle vice-présidente de Ben Sulayem pour la région.

Cette situation empêche tout autre candidat à la présidence de former une équipe complète respectant les critères de la FIA. Les candidats au WMSC ne peuvent figurer que sur une seule liste présidentielle, et tous doivent être éligibles au Conseil Mondial du Sport Automobile.

En mai dernier, la légende du rallye Carlos Sainz Sr avait exprimé son intérêt pour la présidence, mais a finalement renoncé. Peu après, un collectif de 36 membres hispanophones de la FIA et de clubs automobiles des Amériques a adressé une lettre de soutien à Ben Sulayem, signée par les présidents des 11 fédérations sud-américaines, soulignant ainsi la difficulté pour un rival de s’imposer dans cette région. Cette démonstration de soutien a mis en évidence les défis auxquels un concurrent de Ben Sulayem serait confronté pour obtenir l’adhésion des clubs membres.

Tim Mayer, qui avait entrepris une tournée en Amérique du Sud pour recueillir des soutiens, avait déjà souligné la difficulté de déloger Ben Sulayem, reconnaissant que le président sortant avait su convaincre les clubs membres de la valeur de son action. Lire aussi : Quelles sont les chances de Tim Mayer de remporter la présidence de la FIA ?

Le premier mandat de Ben Sulayem a été marqué par des controverses et des critiques concernant son style de gouvernance. En mars, le président de Motorsport UK, Dave Richards, l’avait accusé de centraliser le pouvoir et de rendre la gouvernance de la FIA opaque. Cette critique faisait suite à une série de démissions et de limogeages de hauts responsables, dont Tim Mayer lui-même, ainsi que la PDG Natalie Robyn et plusieurs autres directeurs.

En avril, le vice-président Robert Reid avait démissionné, invoquant une « rupture des normes de gouvernance » et des « décisions critiques prises sans procédure régulière ». Il a été remplacé par Malcolm Wilson, fondateur de la structure de rallye M-Sport.

Des modifications aux statuts et au code d’éthique de la FIA, initiées par Ben Sulayem et approuvées en juin, ont également suscité des réactions, renforçant l’influence du président sur le Sénat de la FIA et rendant le processus de sélection des candidats au WMSC plus rigoureux. La FIA avait alors justifié ces changements par la nécessité de renforcer la gouvernance et la confidentialité.

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