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Pourquoi la position de l’Indonésie à deux États joue en faveur d’Israël – Middle East Monitor

Publié le 13 décembre 2025 à 13h20. Lors d'une visite au Pakistan, le président indonésien Prabowo Subianto a réaffirmé le soutien de Jakarta à une solution à deux États pour le conflit israélo-palestinien, une position critiquée pour son…

Pourquoi la position de l’Indonésie à deux États joue en faveur d’Israël – Middle East Monitor

Publié le 13 décembre 2025 à 13h20. Lors d’une visite au Pakistan, le président indonésien Prabowo Subianto a réaffirmé le soutien de Jakarta à une solution à deux États pour le conflit israélo-palestinien, une position critiquée pour son manque d’efficacité face à l’escalade de la violence à Gaza.

  • La solution à deux États, bien que régulièrement évoquée par la communauté internationale, est jugée inefficace et même contre-productive par certains observateurs.
  • Israël tire profit de ce cadre diplomatique qui lui permet de gagner du temps et de poursuivre ses opérations militaires sous couvert de négociations.
  • Le soutien indonésien à cette solution est remis en question, certains estimant qu’il contribue à légitimer un statu quo qui favorise l’occupation et le génocide.

La réaffirmation du soutien indonésien à une solution à deux États, lors de la visite du président Prabowo Subianto au Pakistan cette semaine, a suscité des interrogations quant à la pertinence de ce cadre face à la situation désastreuse à Gaza. Accompagné du Premier ministre pakistanais Muhammad Shehbaz Sharif à Islamabad, le président indonésien a une fois de plus plaidé pour une solution à deux États comme réponse au conflit israélo-palestinien. Ces déclarations, bien que familières, semblent de plus en plus déconnectées d’une réalité qui se dégrade rapidement.

L’échec de la solution à deux États est désormais largement documenté et vécu. Ce qui est nouveau, c’est la manière dont ce paradigme est devenu un instrument de gestion de la crise plutôt qu’une véritable tentative de résolution. Il a révélé une tolérance alarmante face à la violence et un refus de reconnaître pleinement les droits des Palestiniens. Au lieu de chercher à mettre fin à l’oppression, ce cadre exigeait des Palestiniens de négocier leur liberté avec leurs oppresseurs, tout en accordant à Israël une flexibilité illimitée.

Aujourd’hui, la solution à deux États sert de paravent politique, permettant aux gouvernements de faire des déclarations sans pour autant prendre des mesures concrètes. Le génocide est minimisé en « crise », la famine en « défi humanitaire », et les massacres de civils sont présentés comme des incidents malheureux dans un processus de paix inexistant. En invoquant de futures négociations, les dirigeants justifient leur inaction face aux crimes commis au présent.

Israël en profite directement. Tant que la communauté internationale reste captive du paradigme des deux États, Israël peut prétendre rechercher la paix tout en continuant à éliminer toute possibilité de résolution. Chaque réaffirmation de ce cadre retarde la responsabilisation, et chaque geste diplomatique offre un temps précieux à Israël, un temps mesuré en vies perdues et en familles détruites.

Le soutien continu de l’Indonésie à cette approche renforce cette dynamique. Même si exprimé avec sincérité, le mantra de la solution à deux États contribue à entretenir l’illusion que la libération palestinienne peut encore émerger d’une structure qui a permis l’occupation, la fragmentation et, aujourd’hui, le génocide. Il ne s’agit pas de neutralité, mais de participation à un système qui protège les auteurs et abandonne les victimes.

L’échec le plus profond de ce paradigme est moral. Il a normalisé le silence face au génocide et a conduit le monde à privilégier le langage diplomatique à la vie humaine. Lorsque la mort massive est accueillie par des appels à la retenue plutôt qu’à la responsabilisation, le langage lui-même devient complice.

Cette complicité favorise Israël en créant un faux équilibre entre l’occupant et l’occupé, entre une force militaire écrasante et une population civile assiégée. Elle dissout la responsabilité en présentant le génocide comme un échec des négociations plutôt que comme un crime qui exige des conséquences immédiates.

Le rôle de l’Indonésie est particulièrement important en raison de son autorité morale. En tant que nation postcoloniale et plus grande nation à majorité musulmane au monde, l’Indonésie est souvent perçue comme un défenseur de principe de la Palestine. En continuant à défendre un cadre qui a contribué à occulter le génocide, elle légitime un consensus mondial qui tolère l’anéantissement tant qu’il est enveloppé dans le langage de la paix.

Cette critique persiste tant que les conditions qui la justifient persistent. Tant que le génocide sera confronté à des formules recyclées et à un confort diplomatique, la solution à deux États restera un sujet de débat. Soutenir la Palestine aujourd’hui ne peut pas signifier répéter un scénario qui a accompagné des décennies de dépossession et de massacres. Cela doit signifier dénoncer le génocide, affronter le pouvoir et exiger des comptes sans délai.

En continuant à promouvoir la solution à deux États, l’Indonésie contribue à préserver un ordre diplomatique qui récompense les retards, le déni et l’impunité. Israël en bénéficie chaque jour. En attendant que cette réalité change, remettre en question ce cadre n’est pas de l’obstination, mais une nécessité.

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Les opinions exprimées dans cet article appartiennent à l’auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Monitor.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.