Près de 200 arénas accueillant du hockey mineur détiennent actuellement des permis d’alcool au Québec, selon un décompte publié le 29 septembre 2026. Cette présence d’alcool dans les amphithéâtres alimente de manière récurrente les tensions et les dérapages observés dans les gradins lors des compétitions de jeunes.
L’alcool au cœur des arénas du Québec
Entraîneurs attaqués, arbitres pris à partie et jeunes joueurs insultés empoisonnent parfois le climat des patinoires. Selon plusieurs intervenants du milieu sportif, un facteur en particulier attise ces comportements agressifs : la vente et la consommation de boissons alcoolisées directement dans les enceintes sportives.
Un inventaire réalisé par l’équipe d’enquête de La Presse démontre que près de 200 permis d’alcool sont recensés dans des arénas québécois où se déroulent des matchs de mineur. Cette réalité transforme parfois les gradins en véritables bars sportifs, où le public assiste aux rencontres de jeunes athlètes tout en consommant de la bière.
Un enjeu qui dépasse les frontières du hockey
La problématique ne se limite pas aux patinoires de hockey. Fin août, des spectateurs ont pris pour cible un jeune arbitre de 14 ans lors d’une partie de baseball mineur opposant des enfants de 9 et 10 ans en Mauricie, s’en prenant également à un entraîneur. Interrogé à ce sujet, le président de Baseball Mauricie, Éric Turcotte, a indiqué que l’alcool jouait fréquemment un rôle déclencheur dans ces esclandres.
Du côté de l’organisme Sport’Aide, les échos recueillis auprès des entraîneurs vont dans le même sens. Depuis un an et demi, l’organisme va à la rencontre des éducateurs sportifs pour concevoir des outils de communication avec les parents.
Une forte majorité d’entraîneurs nous ont parlé d’un enjeu : la consommation d’alcool dans les environnements sportifs.
Sylvain Croteau, directeur général de Sport’Aide
Le dirigeant concède que si la vente d’alcool génère des revenus pour les gestionnaires, elle engendre dans le même temps des difficultés relationnelles et sécuritaires importantes, particulièrement lors des rencontres disputées en soirée.
Tensions observées lors de la Coupe Chevrolet à Châteauguay
Au Centre multisport de Châteauguay, des scènes de fervents encouragements ont marqué la Coupe Chevrolet, dernière compétition de la saison pour des hockeyeurs âgés de 11 et 12 ans. Entre les bruits de tambours, de trompettes et de nouilles de piscine frappées par les partisans, le niveau sonore atteint rapidement des sommets.
À proximité de la cantine de l’aréna, un espace bar nommé le Temps d’Arrêt accueille les spectateurs majeurs. Dès les matinées de match, des parents s’installent pour suivre les performances de leurs enfants bière à la main. Pour tenter de modérer les ardeurs, des messages diffusés régulièrement par les haut-parleurs rappellent que les compétiteurs sont mineurs et en appellent au jugement des parents
. Si de pareils encadrements évitent généralement les débordements extrêmes, les commentaires caustiques et les contestations d’arbitrage fusent régulièrement au fil des tiers-temps.