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Prostate, la prévention reste l’arme la plus efficace

by Sophie Martin

Publié le 2024-02-29 10:00:00. La santé de la prostate reste un sujet délicat pour de nombreux hommes, pourtant le dépistage précoce est crucial. Un expert appelle à briser les tabous et à démarrer la prévention dès le plus jeune âge.

  • Seulement 30% des hommes en Italie suivent une prévention adéquate des pathologies de la prostate.
  • La prévention doit commencer dès l’âge de 18 ans, et pas seulement à 50 ans comme on le pense souvent.
  • De nouvelles thérapies, moins invasives, comme la thermothérapie à la vapeur d’eau, offrent des alternatives prometteuses.

La prévention des maladies urologiques, et en particulier celles de la prostate, demeure un défi majeur de santé publique. Malgré des avancées thérapeutiques significatives, le tabou persiste chez de nombreux hommes, les empêchant de prendre en charge leur santé. Selon le professeur Francesco Gréco, éminent urologue à l’Université de Vienne et directeur du Centre de santé masculine de Bergame, le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquemment diagnostiqué chez les hommes, mais seulement un tiers d’entre eux bénéficient d’un suivi préventif adéquat.

Ce manque de prévention s’explique souvent par des facteurs culturels et une certaine conception de la virilité.

« Les femmes sont beaucoup plus préparées à la prévention, car dès leur plus jeune âge, elles se familiarisent avec leur corps, notamment grâce à une meilleure communication avec leur mère, tandis que les hommes n’en parlent pas avec leur père, qui, lui, ne fait que rarement de la prévention. »

Francesco Gréco, professeur d’urologie à l’Université de Vienne et directeur du Centre de santé masculine de Bergame

Le professeur Gréco insiste sur la nécessité de démystifier l’âge de début de la prévention. Contrairement aux idées reçues, il ne faut pas attendre 50 ans pour se soucier de sa santé urologique.

« Il faut dissiper un mythe, commencer à 50 ans, c’est tard : il faut commencer à 18 ans, comme chez les femmes. Aux tumeurs typiques de cet âge, comme le cancer des testicules, s’ajoutent le domaine des maladies sexuellement transmissibles et celui de la fertilité : la varicocèle est la maladie la plus diagnostiquée et si elle survient tardivement, elle peut compromettre la fertilité. »

Francesco Gréco, professeur d’urologie à l’Université de Vienne et directeur du Centre de santé masculine de Bergame

L’expert souligne également l’importance d’une éducation sexuelle de qualité, souvent lacunaire à l’école et au sein des familles, ce qui conduit les jeunes à se tourner vers Internet, source d’informations parfois erronées ou même dangereuses, et pouvant favoriser les violences sexistes.

Parmi les pathologies les plus courantes, le cancer de la prostate occupe une place prépondérante. Si le test PSA (antigène spécifique de la prostate) est souvent considéré comme suffisant, il ne l’est pas. Il est également crucial de surveiller l’hypertrophie de la prostate, une condition physiologique qui touche tous les hommes après 40 ans en raison des changements hormonaux. Une hypertrophie non traitée peut entraîner une obstruction de la vessie et, à terme, des lésions neurologiques irréversibles, voire une insuffisance rénale.

Une prévention efficace passe par une simple prise de sang annuelle pour vérifier le taux de PSA. Cependant, ce test ne permet pas de déterminer la nature du problème en cas d’anomalie. C’est à l’urologue de réaliser un diagnostic précis. Les valeurs de référence du PSA varient en fonction de l’âge et des caractéristiques de la prostate : inférieures à 2,6 ng/mL avant 60 ans et à 4 ng/mL après 60 ans. Une consultation annuelle chez un urologue est donc indispensable pour un suivi personnalisé.

Les traitements de l’hypertrophie de la prostate ont considérablement évolué ces dernières années. Jusqu’à récemment, les options se limitaient aux médicaments et à la chirurgie. Aujourd’hui, de nouvelles thérapies, développées aux États-Unis et disponibles en Europe, offrent des alternatives moins invasives. La thermothérapie à la vapeur d’eau, réalisée en ambulatoire, permet de réduire le volume de la prostate grâce à la chaleur, sans recourir à des médicaments ni à une intervention chirurgicale.

Cette technique, de plus en plus répandue en Italie, présente des taux de réussite comparables à ceux de la chirurgie traditionnelle, même après cinq ans. Cependant, elle est d’autant plus efficace qu’elle est mise en œuvre précocement, avant que la pathologie ne devienne chronique. D’où l’importance cruciale de la prévention et d’un diagnostic précoce, permettant de bénéficier de ces technologies innovantes et de préserver une qualité de vie optimale.

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