Publié le 26 décembre 2025 11h00:00. Longtemps considéré comme accessoire facultatif, le casque de surf gagne du terrain auprès des pratiquants, des professionnels aux amateurs, face à une prise de conscience croissante des risques de commotions cérébrales.
- Le secteur des casques de surf, stagnant depuis deux décennies, connaît un regain d’intérêt grâce aux avancées technologiques et à une meilleure acceptation par les surfeurs.
- L’augmentation des cas de commotions cérébrales chez les surfeurs professionnels, notamment Owen Wright, Albee Layer et Kauli Vaast, a sensibilisé le public à ce problème de santé.
- De nouvelles marques proposent des casques discrets et performants, allant des modèles haut de gamme pour les surfeurs de grosses vagues aux protections plus légères pour les débutants.
Pendant des années, le casque de surf a été perçu comme un équipement superflu, voire démodé. Mais la donne semble changer. « Il y a vingt ans, le secteur était au point mort », affirmait Bryan Norvell, ingénieur de conception senior chez Oakley, lors du lancement du nouveau casque WRT de la marque l’année dernière. « En tant qu’ingénieur, c’était rafraîchissant de me plonger dans un projet qui visait purement à créer quelque chose de mieux, sans contraintes. »
Cette affirmation pourrait surprendre certains fabricants, qui ont pourtant multiplié les innovations ces dernières années. Le casque a perdu de sa mauvaise réputation et gagne en popularité, notamment grâce à une meilleure compréhension des risques liés aux chocs à la tête.
L’attention médiatique croissante portée aux commotions cérébrales a joué un rôle crucial dans cette évolution. Le surf, longtemps considéré comme un sport sans danger apparent, cache en réalité un risque important de traumatismes crâniens. Des cas très médiatisés, comme ceux d’Owen Wright, Albee Layer, Billy Kemper, Kai Lenny, Sterling Spencer et Ross Williams, ne sont que la partie visible de l’iceberg. Ces athlètes de haut niveau ont contribué à mettre en lumière un problème grave et persistant.
« Je dirais que la moitié des meilleurs surfeurs portent désormais un casque à Pipeline, et 95 % des femmes », estime Liam McNamara, ancien champion du Pipe Masters et l’un des premiers surfeurs professionnels à adopter le casque avec visière. « Dans les années 1980 et 1990, j’étais dans le 1 % et j’ai subi beaucoup de critiques pour cela. Mais je suis ravi de voir que les casques commencent à se généraliser. Il n’y a pas de débat possible : ils sauvent des vies. »
BEN THOUARD/POOL/AFP via Getty
Liam McNamara portait à l’époque un casque Gath, une marque australienne fondée par Rick Gath, qui reste une référence dans l’industrie. Kauli Vaast en portait un lorsqu’il a remporté sa médaille d’or olympique à Tahiti. Gath propose une gamme de modèles, dont les Gedi, SFC EVA et Neo, à des prix allant de 140 $ à 180 $.
Un nouveau venu sur le marché est Simba, avec son modèle Sentinel 1. On a pu voir Garrett McNamara et Koa Smith arborer ce design original, qui pourrait même servir de déguisement de centurion romain. Au-delà de son esthétique particulière, ce casque est également aérodynamique et protège le front, la mâchoire et les tempes, des zones vulnérables. Pour un prix de 210 $, une protection de qualité est assurée.
De nombreux fabricants de casques de surf s’inspirent d’autres sports nautiques, où la protection de la tête est plus courante. Mystic, une marque néerlandaise spécialisée dans le kitesurf, le wakeboard et la planche à voile, propose des casques à coque souple qui s’adaptent comme une cagoule en néoprène, tout en offrant une protection efficace grâce à leur coque extérieure en ABS à fort impact. Le modèle Legacy haut de gamme coûte environ 180 $ et est disponible en trois tailles et trois couleurs.
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C’est dans cet espace plus axé sur la mode que de nouvelles marques émergent, proposant des protections plus discrètes, comme des chapeaux de surf pour les débutants et les surfeurs de niveau intermédiaire. Beaucoup ne souhaitent pas afficher un casque Gath ou Simba lorsqu’ils surfent sur des vagues de moins d’un mètre. Ces protections adoptent souvent le design populaire du bob, un modèle actuellement très en vogue, popularisé par LL Cool J, Liam Gallagher, Fisher ou encore Gilligan (demandez à vos parents, les plus jeunes !).
Un bon exemple est Surf Skull, une start-up de Santa Cruz dont les casques sont conçus pour se fondre dans la masse, plutôt que pour attirer l’attention. Lancés en 2023, ces modèles sont dotés d’un insert ABS/EVA « Bump-cap » et d’une mentonnière pour assurer un maintien optimal. Et vous pourriez même les porter au bar après une bonne session.
Bangproof est une autre marque qui tient sa promesse. Leur modèle Bucket répond aux mêmes normes de sécurité que les casques utilisés pour les sports d’eaux vives et intègre une technologie d’absorption des chocs. La marque propose également des casquettes de camionneur pour ceux qui ne sont pas encore prêts à adopter le look du bob.
En réalité, il n’y a aucune excuse valable pour ne pas avoir de casque dans son équipement de surf. Il en existe pour tous les goûts et tous les budgets, des modèles haut de gamme testés par les surfeurs de grosses vagues aux protections souples et discrètes, en passant par les nouveaux casques-bob dont personne ne se doutera que vous les portez. C’est tout simplement une évidence.