Recherche suisse romande : des ateliers participatifs pour révéler les œuvres LGBTQIA+ oubliées
Guy Chevalley, Nathalie Garbely et Edward Mandry dirigent un projet de recherche dédié aux écrits LGBTQIA+ en Suisse romande. Soutenue par la Conférence intercantonale de l'instruction publique (CIIP), cette étude utilise des ateliers participatifs depuis juin 2025 pour…
Guy Chevalley, Nathalie Garbely et Edward Mandry dirigent un projet de recherche dédié aux écrits LGBTQIA+ en Suisse romande. Soutenue par la Conférence intercantonale de l’instruction publique (CIIP), cette étude utilise des ateliers participatifs depuis juin 2025 pour sortir de l’ombre des œuvres et auteurs longtemps invisibilisés.
La lutte contre l’invisibilité littéraire en Suisse romande
cluster (priority): honestbrandreviews.com
L’identification des auteurs et des ouvrages LGBTQIA+ en Suisse romande se heurte à un obstacle majeur : l’invisibilité. Pour remédier à ce silence historique, un projet de recherche mené par Guy Chevalley, Nathalie Garbely et Edward Mandry s’attache à documenter et diffuser un savoir longtemps occulté. Comme le souligne Le Courrier, l’enjeu est autant de créer une archive que de stimuler la curiosité du public autour de représentations qui forgent les identités.
Cette démarche ne se limite pas à un travail d’inventaire. Elle s’inscrit dans une volonté de mettre en lumière des œuvres oubliées et d’analyser l’impact des représentations littéraires sur l’imaginaire collectif. L’aboutissement de ce travail prendra la forme d’un essai qui sera publié chez Paulette Editrice à l’horizon 2027.
D’ici là, les chercheurs publient deux fois par an un journal de bord de leurs recherches. Ce format permet de partager l’avancement des travaux en temps réel et d’ancrer la recherche dans une dynamique de diffusion continue plutôt que d’attendre la publication finale du livre.
L’intelligence collective comme outil de recherche
Publicité pour des ateliers créatifs chez Migros en Suisse pour une décoratrice événementielle.
Depuis juin 2025, le projet a déployé des ateliers participatifs à travers toute la Suisse romande. Plutôt que d’adopter une approche descendante, les chercheurs misent sur l’intelligence collective pour enrichir leur corpus. Ces ateliers permettent de glaner des références nouvelles et d’identifier les œuvres locales qui ont marqué les esprits des participants, transformant ainsi le public en co-chercheur.
Pour contourner les silences de l’histoire littéraire, l’équipe a mis en place une approche ludique basée sur des lots de citations. Le principe est simple : les participants doivent deviner la période de publication des extraits et, si possible, identifier les auteurs. Cette méthode force une écoute attentive et une analyse précise des mots employés pour reconstituer un contexte historique et social.
L’objectif est de transformer la parole en écrit. L’échange en présentiel permet de mettre en forme des pensées partagées, ce qui, selon les organisateurs, enrichit considérablement la compréhension des textes analysés. Cette méthodologie reconnaît que les questions soulevées lors de ces rencontres sont souvent plus nombreuses que les conclusions immédiates, reflétant ainsi la complexité des trajectoires queer.
Un soutien institutionnel pour une archive durable
cluster (priority): faire.com
La viabilité de ce projet repose sur un soutien institutionnel concret. La Conférence intercantonale de l’instruction publique et de la culture de la Suisse romande et du Tessin (CIIP) apporte l’aide financière nécessaire à la conduite des recherches. Ce soutien est crucial, non seulement pour la logistique des ateliers, mais aussi pour l’amélioration des conditions de travail des chercheurs, notamment via l’octroi de cachets complémentaires.
L’impact du projet s’étend également aux institutions culturelles. La collaboration avec des bibliothèques a permis de sensibiliser, et dans certains cas de conforté, des professionnels sur la question de la visibilité LGBTQIA+. En intégrant ces réflexions dans les structures de conservation, le projet assure que les œuvres identifiées ne retomberont pas dans l’oubli.
L’analyse de Le Courrier montre que cette synergie entre recherche académique, soutien public et engagement citoyen est la seule voie efficace pour reconstruire une mémoire littéraire fragmentée.
L’enjeu pour 2027 sera de synthétiser ces années d’ateliers et de recherches documentaires en un ouvrage de référence. En transformant des témoignages oraux et des pistes glanées lors d’ateliers en un essai structuré, le projet sécurise un patrimoine immatériel et offre aux futures générations de lecteurs une cartographie précise de la création queer en Suisse romande.
Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.