Home Divertissement“Resurrection” est un cinéma magnifique et émouvant sur le cinéma

“Resurrection” est un cinéma magnifique et émouvant sur le cinéma

by Antoine Girard

Publié le 3 janvier 2026 à 23h30. Résurrection, le nouveau film de Bi Gan, est une exploration onirique et visuellement époustouflante du pouvoir du cinéma, une méditation sur sa capacité à transcender le temps et la mort.

  • Dans un futur où l’immortalité est atteinte en renonçant aux rêves, un jeune homme nommé Deliriant, passionné par le cinéma, est traqué par une mystérieuse figure, Miss Shu.
  • Le film se structure comme une anthologie de six chapitres, chacun explorant différentes époques et esthétiques cinématographiques.
  • Résurrection est salué pour sa capacité à évoquer les émotions profondes que le cinéma peut susciter, et pour la performance remarquable de Jackson Yee.

Bi Gan signe avec Résurrection une œuvre cinématographique ambitieuse et singulière. Le film ne cherche pas à expliquer comment un film est fait, mais plutôt à explorer le rôle essentiel que le cinéma et la narration jouent dans nos vies, bien au-delà de notre propre existence.

L’intrigue se déroule dans un futur indéterminé où l’humanité a découvert un moyen d’atteindre l’immortalité : l’abandon total du rêve. Pourtant, certains continuent de rêver en secret, comme Deliriant, incarné par Jackson Yee, qui trouve refuge dans l’art cinématographique, une forme ancienne de rêve. Miss Shu (Shu Qi), une énigmatique figure connue sous le nom de « L’Autre », traque Deliriant et lui propose une mort douce : l’installation d’un projecteur de film à l’intérieur de son corps. Ainsi, tous deux vivent ensemble les fragments oniriques de la vie de Deliriant, alors qu’il s’éteint lentement.

Cette prémisse complexe se déploie à travers une structure d’anthologie, divisée en six chapitres distincts. Chaque segment, bien que conceptuel, offre une vignette émotionnelle puissante et rend hommage à différentes époques du cinéma. Le film ne se contente pas de montrer, il cherche à faire ressentir l’expérience cinématographique, à évoquer la sensation de transcendance que peut procurer le visionnage d’un film.

Le caractère insaisissable de Résurrection, sa réticence à se définir, est précisément ce qui en fait une œuvre si somptueuse. Bi Gan, un cinéaste visiblement talentueux, parvient à identifier le cœur humain au sein de chaque récit, créant des séquences étonnamment émouvantes. Le film est un véritable enchantement visuel, avec des plans à couper le souffle, notamment une scène finale particulièrement impressionnante, réalisée en un seul plan-séquence.

Jackson Yee livre une performance sensationnelle, incarnant différentes facettes de son personnage à travers les six contes et un siècle d’histoire. Résurrection semble ainsi interroger l’interaction entre le cinéma et les rêves, les considérant comme des modes d’imagination propres à l’esprit humain.

Si tous les segments ne sont pas également percutants, la singularité du film ne laissera personne indifférent. Il est poignant de constater que Résurrection défie toute définition : comment pourrait-on enfermer la richesse et la complexité du cinéma dans un seul film ? C’est impossible, et c’est précisément ce que Bi Gan semble vouloir démontrer, en capturant les sentiments et les émotions que cette forme d’art nous procure dans une œuvre sincère et profondément touchante.

★★★★

Résurrection est actuellement à l’affiche dans certains cinémas.

Résurrection
Source : Distribution Rialto

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.