Publié le 17 janvier 2026. Au cœur de Rabat, loin des stades flamboyants, un terrain de fortune révèle l’âme du football marocain : un jeu spontané, joyeux et profondément ancré dans la culture locale.
À mi-chemin entre le stade Prince Moulay Abdellah, joyau architectural du football marocain (capacité de 69 500 places), et le centre-ville de la capitale, se niche un terrain de football improvisé. Un rectangle de gazon artificiel, éclairé par des lampadaires, bordé d’une rue et de bâtiments décrépits. L’endroit, modeste en apparence, est pourtant le théâtre d’une passion débordante.
L’ambiance est à mille lieues du professionnalisme. Un panneau affiche une liste exhaustive d’interdictions : détritus, musique, bottes, vélos, tabac, chiens… et même, de manière énigmatique, les tondeuses à gazon et les feux. Un petit but rouillé gît dans le filet du but principal, le gazon est usé par endroits, le sol irrégulier. Une odeur de sueur rance flotte dans l’air, interrompue par les aboiements d’un chien caché dans les buissons.
C’est sur cette pelouse improbable que L’Athlétique a pu observer une partie de football informelle, un match impromptu qui révèle l’essence même de la culture sportive marocaine. L’équipe du journal s’est jointe à la partie, rejoignant quatre adolescents locaux pour un match à deux contre deux, rapidement rejoint par d’autres jeunes spectateurs.
Les premières minutes furent révélatrices. Un but manqué, un autre marqué, une cheville tordue… Les adversaires, malgré un écart d’âge et de taille, ne se laissent pas intimider. Parmi eux, un joueur se distingue particulièrement : Brahim, un jeune talentueux qui rappelle le milieu de terrain international marocain, Brahim Diaz du Real Madrid.
L’intensité du jeu monte d’un cran. Un tir puissant frappe accidentellement le visage du gardien de but, qui porte des lunettes fragiles. Malgré la douleur, il insiste :
« C’est bon, c’est bon. Continuez ! »
Gardien de but
Le jeu reprend, ponctué de cris d’encouragement et de désapprobation en arabe et en français. Les joueurs de L’Athlétique prennent à tour de rôle le rôle de gardien de but, tandis que les jeunes adversaires profitent de chaque occasion pour marquer. Les questions fusent :
« Gardien, gardien, quel est ton nom ? Es-tu anglais ? »
Joueur local
Une pause s’ensuit, le temps de récupérer un ballon perdu au-dessus du filet. Les rires fusent, l’ambiance est bon enfant. Un attaquant dribble, passe le ballon à un coéquipier qui court, riant, vers le but.
Le temps imparti s’écoule rapidement. L’organisateur de la partie arrive, une mère appelle son enfant à la maison, un spectateur se moque des compétences d’un autre. Quelqu’un lance le ballon dans les airs, et un joueur le réceptionne avec une grâce inattendue.
Les joueurs se serrent la main, s’embrassent. Le score importe peu. L’essentiel est le plaisir du jeu, l’adrénaline, la camaraderie. Les leçons tirées de cette expérience sont multiples : l’objectif n’est pas de marquer, mais de jouer. C’est la joie du gardien qui réalise un arrêt spectaculaire, les encouragements des spectateurs, l’esprit de compétition et la gentillesse.
Alors que le soleil décline, d’autres matchs commencent déjà à se former. Les terrains d’improvisation n’attendent que de nouveaux joueurs.
Comment suivre la finale de la CAN dimanche
Sénégal contre Maroc ; 19h (heure du Royaume-Uni), en direct sur E4 ; 14h (heure de l’Est), en direct sur beIN Sports. La rencontre sera également diffusée en direct sur L’Athlétique.
