Publié le 17 octobre 2025 17h00. Le biopic Springsteen : Délivre-moi de nulle part plonge au cœur de la genèse de l’album Nebraska, une période sombre et créative pour le Boss, interprété par un Jeremy Allen White saisissant.
- Le film explore la lutte intérieure de Bruce Springsteen alors qu’il compose l’album Nebraska en 1981, après le succès de The River et avant sa consécration mondiale avec Born in the U.S.A.
- Jeremy Allen White livre une performance remarquée, capturant la vulnérabilité et le tourment de l’artiste à cette époque charnière.
- Le réalisateur Scott Cooper parvient à recréer l’atmosphère sombre et introspective de l’album, bien que le film prenne un certain temps à trouver son rythme.
Colts Neck, dans le New Jersey, 1981. Bruce Springsteen, alors âgé de 31 ans, est en proie à ses démons personnels alors qu’il travaille sur un projet radicalement différent de ses précédents albums. Après le succès commercial de The River en 1980, le rockeur américain se retire dans une maison isolée pour composer ce qui deviendra Nebraska, un album enregistré principalement en solo, avec une instrumentation minimaliste et des paroles sombres et poignantes.
Le film de Scott Cooper, Springsteen : Délivre-moi de nulle part, revient sur cette période cruciale de la carrière de l’artiste. Il débute par des flashbacks en noir et blanc illustrant l’enfance difficile de Springsteen à Freehold, dans le New Jersey, marquée par l’alcoolisme de son père. On le voit ensuite, après une performance énergique de « Born to Run » avec son E Street Band, s’isoler à Colts Neck pour se consacrer à l’écriture et à l’enregistrement de Nebraska. L’atmosphère est pesante, presque malickienne, avec des scènes où Springsteen écoute en boucle le film Badlands (voir critique).
Si le film peine initialement à trouver son ton, avec des scènes explicatives parfois redondantes et une intrigue secondaire peu développée autour d’une mère célibataire nommée Faye, il prend véritablement son envol lorsque Springsteen commence à expérimenter avec un enregistreur à quatre pistes Portastudio et un écho Echoplex. C’est à ce moment-là que le traumatisme de l’artiste refait surface et que les chansons de Nebraska prennent forme.
Jeremy Allen White, qui incarne Bruce Springsteen, livre une performance remarquable. Il ne cherche pas à imiter physiquement le chanteur, mais à saisir son état d’esprit et sa vulnérabilité. Comme le souligne un spectateur dans le film : « Je sais qui tu es », auquel Springsteen répond : « Cela fait l’un de nous ». L’acteur parvient à trouver « quelque chose de réel dans le bruit », comme le résume un critique.
Springsteen : Délivre-moi de nulle part est un portrait nuancé et introspectif d’un artiste en pleine transition, qui explore les thèmes de la filiation, du traumatisme et de la quête de soi. Le film, tout comme l’album qu’il met en lumière, finit par trouver sa propre voix, en abandonnant les clichés biographiques pour se concentrer sur l’essence même de la création artistique.
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