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Revue de presse Afrique – À la Une: Ousmane Sonko, de Premier ministre à président de l’Assemblée nationale

L'ancien Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a été élu président de l'Assemblée nationale ce mardi, quelques jours après son limogeage par le président Bassirou Diomaye Faye. Parallèlement, le technocrate Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô a été nommé Premier…

Le retour d'Ousmane Sonko au perchoir de l'Assemblée
L’ancien Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a été élu président de l’Assemblée nationale ce mardi, quelques jours après son limogeage par le président Bassirou Diomaye Faye. Parallèlement, le technocrate Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô a été nommé Premier ministre le 25 mai 2026 pour stabiliser les finances publiques et rassurer les marchés.

Le retour d’Ousmane Sonko au perchoir de l’Assemblée

Le retour d'Ousmane Sonko au perchoir de l'Assemblée
cluster (priority): RFI

Le basculement est rapide. Quelques jours seulement après avoir été écarté de la tête du gouvernement, Ousmane Sonko a récupéré un pouvoir institutionnel majeur. Élu avec une écrasante majorité de 132 voix contre une seule abstention, l’ancien Premier ministre prend désormais les commandes de l’hémicycle, s’installant au parlement à la place de son suppléant Ismaël Wone.

Selon un rapport de RFI, cette élection s’est appuyée sur la majorité « mécanique » du parti Pastef. En accédant au rang de deuxième personnalité de l’État, Sonko ne se contente pas d’un refuge politique ; il s’offre une plateforme capable d’influencer directement l’action gouvernementale.

L’enjeu est désormais relationnel. Le président Bassirou Diomaye Faye doit composer avec son ancien mentor, qui dispose désormais des leviers législatifs pour entraver ou soutenir l’exécutif. Si Ousmane Sonko a promis de ne pas organiser de « chaos institutionnel », il a néanmoins affirmé vouloir utiliser tous les outils de contre-pouvoir à sa disposition.

Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô : le choix du technocrate

Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô : le choix du technocrate
cluster (priority): La Tribune

Pour pallier le départ de Sonko, Bassirou Diomaye Faye a opté pour un profil radicalement différent. Nommé le 25 mai, Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô est un économiste de 60 ans, spécialiste de la macroéconomie, de la régulation bancaire et de la finance islamique.

Ancien directeur national de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) entre 2018 et 2023, Lô incarne la transition vers une gestion plus technique et moins politique du gouvernement. Bien qu’il ne soit pas membre du Pastef, il est décrit comme un homme de l’ombre proche du président.

« il ne s’agit point d’un changement de cap dans les transformations systémiques du Sénégal », mais « plutôt d’un changement de méthode dans la cohérence institutionnelle et de l’action gouvernementale voulue par le chef de l’État ».
Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, Premier ministre, via RFI

Cette nomination vise à envoyer un signal d’apaisement tout en rétablissant un contrôle strict de l’exécutif sur l’administration.

L’urgence financière et le poids d’une dette explosive

Limogeage d'Ousmane #Sonko : on vous explique !

Le choix d’un profil issu de la BCEAO n’est pas fortuit. Le Sénégal fait face à une situation financière critique, avec une dette publique avoisinant les 132 % du PIB. La Tribune souligne que les créanciers régionaux exigent une reprise en main ferme des finances publiques.

La tension est particulièrement forte sur le marché monétaire de l’UMOA. Au 30 avril 2026, l’encours de la dette du Sénégal émise par adjudication s’élevait à 5 051,8 milliards de francs CFA, contre 4 931,5 milliards un mois plus tôt.

L’instabilité est accentuée par des révélations sur l’endettement du pays. Un programme du Fonds monétaire international (FMI) de 1,8 milliard de dollars reste gelé suite à la découverte d’une dette « dissimulée » par l’équipe de l’ancien président Macky Sall, estimée à environ 7 milliards de dollars.

C’est ici que la fracture entre Faye et Sonko s’est cristallisée. Alors que Sonko rejetait toute restructuration de la dette et les mesures d’austérité du FMI — comme la hausse des prix du carburant — jugeant ces mesures socialement insupportables, le président Faye a privilégié la transparence et le dialogue avec les bailleurs de fonds.

Un équilibre fragile entre Bassirou Diomaye Faye et le Pastef

Un équilibre fragile entre Bassirou Diomaye Faye et le Pastef
cluster (priority): Les Echos

Si le président a repris la main sur l’exécutif, le Pastef reste structurellement lié à la figure d’Ousmane Sonko. Le parti ne compte pas laisser le nouveau gouvernement agir sans conditions. Le Comité exécutif du Pastef a déjà indiqué que toute collaboration avec la présidence doit se faire « suivant des orientations programmatiques claires ».

Le parti a fixé des exigences précises pour la formation du prochain gouvernement :

  • Fidélité au programme politique de 2024.
  • Clarification de la gestion de la dette souveraine.
  • Blocage des mesures augmentant le coût de la vie.
  • Poursuite des renégociations des contrats stratégiques.
  • Lutte contre la corruption et contrôle des fonds opaques.
  • Cette situation place Bassirou Diomaye Faye dans une position délicate. Comme le rapporte Les Echos, la fracture entre les deux anciens alliés est désormais actée.

    Le président ne pourra dissoudre l’Assemblée nationale avant la fin des deux ans de la 15e législature. D’ici là, il devra naviguer entre les exigences d’un parti dont le leader contrôle désormais le pouvoir législatif et la nécessité impérieuse de rassurer des marchés financiers ébranlés. Le Sénégal entre ainsi dans une phase politique où la stabilité du pays dépendra de la capacité de deux hommes, autrefois mentors et disciples, à cohabiter malgré un divorce politique profond.

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    À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

    Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.