L’acteur Richard Gere a vivement critiqué Donald Trump le mardi 2 juin 2026 lors de l’Oslo Freedom Forum en Norvège. Qualifiant le président américain de maniaque, l’artiste de 76 ans a dénoncé le démantèlement des institutions américaines et a appelé à une vigilance accrue face à la montée des dérives autoritaires mondiales.
L’intervention de Richard Gere ne s’inscrivait pas dans un cadre purement politique, mais dans une démarche de reconnaissance des droits humains. Présent dans la capitale norvégienne pour remettre le prix international Vaclav Havel de la dissidence créatrice, l’acteur a honoré le dissident birman Sai ainsi que l’artiste chinois Gao Zhen, actuellement emprisonné dans son pays. C’est dans ce contexte de lutte contre l’oppression que Gere a dressé un portrait alarmant de la situation aux États-Unis, comme l’a rapporté 20 Minutes.
Le démantèlement institutionnel et la figure du maniaque
Pour Richard Gere, la présidence de Donald Trump ne représente pas seulement un désaccord politique, mais une rupture systémique. Devant un public de plusieurs centaines de personnes, il a affirmé que le président avait méthodiquement affaibli les structures de l’État depuis son entrée en fonction.
Nous vivons le moment le plus sombre que j’aie connu sur cette planète. Qui aurait cru que l’Amérique puisse basculer comme ça ? Qui aurait cru qu’un maniaque pareil puisse devenir président des Etats-Unis ?
Richard Gere, acteur, via Le SoirL’analyse de l’acteur suggère que l’érosion ne s’est pas limitée aux textes de loi ou aux administrations, mais a touché l’essence même de la société. Selon Gere, le président a démantelé presque tout ce qu’il y avait de bon tant dans le gouvernement que dans le peuple américain, dès le premier jour de son mandat.
L’apathie citoyenne comme moteur de l’autoritarisme
Au-delà de la critique du dirigeant, Richard Gere a analysé les causes de cette ascension politique, pointant du doigt une défaillance collective de la vigilance citoyenne. Il ne s’est pas contenté de blâmer l’électorat, mais a inclus sa propre responsabilité dans ce constat d’échec.

L’acteur a expliqué que cette situation a été rendue possible parce que les citoyens se sont endormis, n’ont pas manifesté assez d’inquiétude, n’ont pas voté et n’ont pas véritablement écouté. Il a admis, avec une certaine amertume, ne pas avoir suffisamment mobilisé son propre entourage pour contrer cette trajectoire.
L’analogie de Dachau et l’alerte sur la dictature
Pour illustrer la rapidité avec laquelle un État peut basculer, Richard Gere a évoqué une expérience personnelle récente : sa visite de l’ancien camp nazi de Dachau. Cette référence historique sert de pivot à son avertissement contre l’apathie, qu’il considère comme le terreau fertile des régimes oppressifs.
Nous devons voir les signaux, cette dictature des monstres, à quelle vitesse elle s’installe. Nous devons rester vigilants.
Richard Gere, acteur, via blue NewsCe n’est pas la première fois que l’acteur utilise un vocabulaire belliqueux pour décrire le président. En février 2025, il avait déjà qualifié Donald Trump de bully, terme anglais désignant une brute qui harcèle, soulignant une perception constante de l’agressivité comme mode de gouvernance.
Un engagement global et un exil personnel
L’engagement de Richard Gere s’inscrit dans une vision bouddhiste et humaniste de longue date, marquée par son soutien indéfectible au Tibet et ses rencontres fréquentes avec le dalaï-lama. Cette perspective globale semble influencer sa lecture des crises politiques américaines, qu’il lie à une perte de repères spirituels et civiques.
Sur le plan personnel, l’acteur a pris ses distances physiques avec les États-Unis. Depuis 2024, il réside en Espagne avec son épouse, Alejandra Silva. Ce choix de vie reflète peut-être le détachement qu’il ressent face à une Amérique qu’il considère comme ayant basculé dans l’obscurité.
En conclusion, l’intervention de Richard Gere à Oslo ne se limite pas à une attaque partisane. Elle pose la question de la responsabilité individuelle face à la montée des populismes et rappelle que la vigilance est l’unique rempart contre la rapidité d’installation des structures dictatoriales.
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