Un film étrange, entre drame de gangsters et comédie familiale
Ce film détonnant oscille entre un drame de vengeance mafieux sanglant et une comédie familiale pour les fêtes. L’ensemble donne l’impression d’une collision à grande vitesse, un peu chaotique, mais sauvé par des éléments qui le rendent plus intéressant que ne le suggéraient les premières critiques.
Le film offre notamment la meilleure performance dramatique de Bill Murray depuis des années, rivalisant avec ses rôles mélancoliques et subtils dans Rushmore et Lost in Translation. Il y incarne Leftie, un gangster de la côte est, autrefois un capo influent, mais désormais semi-retraité après avoir cédé les rênes de l’entreprise familiale à son fils Johnnie (Michael Angelo Covino). Un événement inattendu le ramène dans un monde violent, aux côtés de Lonnie (Pete Davidson), un tueur en herbe maladroit. Leur destination : le Maine, où ils doivent faire leurs preuves, avec quelques “exercices” sanglants en cours de route. Ces actes sombres attristent Leftie, mais pas au point de l’empêcher de tuer.
L’intrigue criminelle se mêle à une famille recomposée et dysfonctionnelle, composée de Vincent (Ed Harris), sa seconde épouse, Sandy (Gabrielle Union), et leur fils adolescent, DJ (Miles J Harvey). Leurs plans pour le réveillon du Nouvel An sont perturbés par l’arrivée inattendue de l’ancienne famille de Vincent. On y retrouve son ex-femme, Ruth (Jennifer Coolidge, en grande forme), le fils adulte de Vincent et Ruth, Rocco (Lewis Pullman), et la petite amie enceinte de Rocco, Marina (Emanuela Postacchini). Rocco et Marina sont en fuite après s’être impliqués dans des affaires louches, et ont emmené Ruth avec eux pour sa sécurité – après l’avoir droguée avec un mélange de Percocet et de Sambuca. Bientôt, de vieux secrets refont surface, explosant comme des créatures marines abyssales.
Le film exige des changements de ton abrupts pour naviguer dans les aspects les plus sombres de l’intrigue, et le réalisateur Dito Montiel et son équipe ne parviennent pas toujours à les maîtriser. L’indifférence à la souffrance des victimes innocentes devient parfois dérangeante. On pense alors à certains des films les plus coûteux et les plus provocateurs de Quentin Tarantino, ou pire, à un imitateur de Tarantino essayant de reproduire son style flamboyant. Cependant, l’enthousiasme de la distribution, en particulier celui de Coolidge et Murray, qui n’hésitent pas à incarner des personnages répugnants, compense largement ces défauts.
Riff Raff est disponible sur Prime Video.
