La South African Broadcasting Corporation (SAFM) a présenté ses excuses publiques après une décision de la Broadcasting Complaints Commission of South Africa (BCCSA). L’affaire fait suite à une interview de Jacinta Ngobese-Zuma, dirigeante du mouvement « March and March », diffusée le 3 juin dans l’émission The National Pulse sur la station de radio publique.
SAFM présente ses excuses après une plainte sur une interview controversée
La plainte a été déposée par le militant de la justice sociale Christopher Rutledge. Ce dernier a contesté la manière dont l’entretien a été mené par le présentateur Ashraf Garda, estimant que la station n’avait pas exercé la responsabilité éditoriale requise face à des déclarations incendiaires concernant les migrants, les organisations non gouvernementales et la sécurité nationale.
Des allégations non vérifiées et non contestées à l’antenne
Durant l’émission, Jacinta Ngobese-Zuma a formulé plusieurs affirmations présentées selon la plainte comme des déclarations factuelles plutôt que comme de simples opinions. Parmi ces propos figurait l’allégation selon laquelle 60 % des crimes graves dans le Gauteng étaient commis par des ressortissants étrangers. Elle a également affirmé que des organisations financées par l’étranger achetaient des armes, que des explosifs entraient dans le pays, que des bases militaires étrangères y opéraient et que des ressortissants étrangers échappaient à la justice en corrompant la police.
Selon IOL, le commissaire de la BCCSA, l’avocat Ben Winks, a estimé que l’SABC n’avait pas réussi à signaler clairement ces déclarations comme de simples opinions ni à les contester. Le régulateur a jugé que la station avait enfreint le code de radiodiffusion en diffusant de graves accusations factuelles sans exiger de preuves, sans les vérifier et sans informer adéquatement les auditeurs du caractère contesté et non vérifié de ces propos.
La défense de la SABC et la portée de la décision
Pour sa défense, la SABC a soutenu que les déclarations de Jacinta Ngobese-Zuma constituaient des opinions personnelles et que l’entretien avait été mené en tant que droit de réponse à une interview précédente. Dans ce segment antérieur mené avec Daniel Steyn, le rédacteur en chef adjoint de GroundUp, les positions de « March and March » concernant les immigrants avaient déjà été contestées. La société de radiodiffusion a ainsi soutenu que le programme, pris dans sa globalité, présentait des perspectives alternatives et contradictoires.

Cependant, le commissaire a examiné les déclarations de manière individuelle pour statuer sur le respect du code de conduite Free-to-Air. À la suite de cette décision, la SABC a été condamnée à diffuser un résumé des conclusions de la commission ainsi qu’un communiqué d’excuses dans la même tranche horaire du programme concerné.