Publié le 13 novembre 2023 16h35. La participation du champion olympique Christian Kukuk à la Coupe du monde de Stuttgart est assombrie par une vidéo controversée le montrant utilisant une technique d’équitation remise en question, ravivant le débat sur le bien-être animal dans le sport équestre.
- Christian Kukuk, champion olympique, est au centre d’une polémique suite à la diffusion d’une vidéo le montrant à l’entraînement.
- La vidéo, diffusée sur TikTok et reprise par des médias spécialisés, suscite des inquiétudes quant à l’utilisation d’une rêne de traction et à l’état de santé de sa jument.
- L’affaire intervient alors que le monde équestre est déjà en discussion concernant la réforme de la « règle du sang ».
Une vidéo d’une trentaine de secondes, initialement publiée sur la plateforme TikTok et relayée par le magazine spécialisé dressur-studien.de sous le titre « Rollkur sur rênes nues », a déclenché une vive controverse autour de Christian Kukuk, champion olympique d’équitation. La vidéo, prise lors de la Coupe du monde de Vérone le week-end dernier, montre le cavalier en train de travailler sa jument, Soyez Douce, avec une rêne de traction, un équipement auxiliaire qui, utilisé incorrectement, peut exercer une pression excessive sur la bouche de l’animal.
L’utilisation de la rêne de traction est réglementée par la Fédération Équestre Allemande (FN) et la Fédération Équestre Internationale (FEI). En Allemagne, elle est autorisée uniquement pour les cavaliers ayant atteint un certain niveau de compétence, afin d’éviter les abus. La FEI autorise également son utilisation, mais ne précise pas les modalités exactes d’application. La vidéo a soulevé des accusations d’utilisation de la technique controversée du « Rollkur », consistant à forcer la tête du cheval vers le bas et l’intérieur, et de mise en selle d’un cheval boiteux.
Contacté par le FAZ, Christian Kukuk a exprimé sa consternation face aux réactions suscitées par la vidéo.
« Je suis vraiment désolé d’avoir donné une si mauvaise image de notre sport et de moi-même »,
Christian Kukuk, champion olympique
a-t-il déclaré. Il a également ajouté :
« En tant que champion olympique, je me considère définitivement comme un modèle pour notre sport et j’ai toujours essayé de me remettre en question pour toujours faire de mon mieux pour mon cheval. Je ne m’attendais pas à des critiques sur mon équitation. Maintenant, avec le recul, je dois dire qu’elle avait droit. »
Christian Kukuk, champion olympique
Il a toutefois souligné que les 30 secondes de la vidéo ne représentent qu’un extrait limité de la situation réelle.
Kukuk explique que sa jument était particulièrement tendue dans l’ambiance de la zone d’échauffement à Vérone. Il a choisi d’utiliser la rêne de traction, une pratique qu’il utilise rarement, pour tenter de la calmer. Il reconnaît que sa position et sa technique de pilotage dans la vidéo peuvent être critiquées, mais nie fermement avoir pratiqué le « Rollkur ». Il souligne également que la jument a été déclarée apte à la compétition par les vétérinaires du tournoi et qu’elle n’a présenté aucune anomalie lors d’un examen vétérinaire ultérieur.
L’affaire intervient à un moment où le monde équestre est déjà en débat concernant la réforme de la dite « règle du sang », qui concerne l’utilisation de substances pour masquer la douleur chez les chevaux. Andreas Krieg, responsable du saut d’obstacles à la Coupe du monde, a déclaré au magazine spécialisé Reiterjournal : « Nous ne voulons pas voir de telles images ici ». La FN a également exprimé son désaccord avec les images diffusées, son président, Martin Richenhagen, déclarant au magazine dressur-studien.de : « Nous ne trouvons pas cela acceptable ». Le PDG de la FN, Dennis Peiler, a précisé que l’utilisation de rênes de traction sans rênes normales n’est pas conforme aux directives de l’organisation et a demandé à la FEI de clarifier les règles concernant leur utilisation.
Christian Kukuk sera donc scruté de près lors de la Coupe du monde de Stuttgart. Il a affirmé qu’aucun commissaire de la FEI ne l’avait interpellé pendant le tournoi de Vérone, soulignant la surveillance constante à laquelle sont soumis les cavaliers.
Sur le même sujet
