Publié le 20 décembre 2025 à 09h55. Le système de consigne néerlandais est largement financé par les consommateurs qui ne rendent pas leurs bouteilles et canettes, soulevant des questions sur la répartition équitable des coûts entre les acheteurs et les producteurs.
- En 2024, près de 140 millions d’euros de cautions non réclamées ont été financés par les consommateurs, représentant environ les trois quarts du coût total du système.
- Les producteurs contribuent à hauteur de 33 millions d’euros, un montant jugé insuffisant par certains observateurs.
- Le régulateur exerce une pression croissante pour que les producteurs atteignent l’objectif légal de collecte de 90 % des emballages.
Le système de consigne néerlandais, conçu pour encourager le recyclage des emballages en plastique et en métal, repose en réalité en grande partie sur la bonne volonté des consommateurs. Selon les chiffres de Verpact, l’organisation des producteurs, les acheteurs financent indirectement une part importante du système en ne restituant pas leurs bouteilles et canettes.
En 2024, le montant total des cautions non réclamées s’est élevé à près de 140 millions d’euros (environ 130 millions de francs suisses), couvrant environ 75 % des dépenses du système de dépôt. Les producteurs, quant à eux, n’ont contribué qu’à hauteur de 33 millions d’euros. Cette asymétrie inquiète certains acteurs du secteur.
Maarten van Heuven, de la Fair Resource Foundation, estime que cette situation est disproportionnée.
« Il est logique que les consommateurs contribuent au système de caution, mais le montant actuel est excessif. Sur la période 2021-2024, cela représente un demi-milliard d’euros de cautions non réclamées. »
Selon M. van Heuven, cette situation est due en partie aux consommateurs qui jettent leurs emballages à la poubelle ou dans la nature, mais aussi au manque d’investissement des producteurs dans des infrastructures de collecte efficaces.
« Verpact a tardé à investir dans un nombre suffisant de machines performantes. »
Les producteurs doivent payer davantage
Verpact se défend en affirmant que la loi l’oblige à gérer les cautions non encaissées.
« La caution non encaissée doit être réintégrée dans le système »,
explique Hester Klein Lankhorst, directrice de l’organisation. Elle précise que les investissements dans les machines ont été réalisés en temps voulu, même si elle ne peut pas quantifier précisément leur impact.
La situation a évolué avec l’introduction de la consigne sur les canettes en 2023. Depuis lors, Verpact finance directement les machines de collecte. En 2023 et 2024, cela a nécessité un investissement total de 155 millions d’euros.
Verpact s’attend à une amélioration du taux de collecte dans les années à venir, ce qui permettra de respecter l’objectif légal de 90 %. Les producteurs devront d’ailleurs contribuer davantage au système de consigne. L’année prochaine, ils devront payer 1 centime par canette mise sur le marché, soit cinq fois plus qu’actuellement.
Cette contribution pour les bouteilles est restée inchangée après avoir été réduite il y a deux ans.
“La restitution n’était pas une priorité”
Pour accroître encore la collecte, Verpact propose désormais d’imposer une obligation de collecte aux points de vente, une mesure qui n’avait pas été envisagée auparavant. Le ministère de l’Infrastructure et de la Gestion de l’eau étudie actuellement cette proposition.
La Fair Resource Foundation soutient également cette idée, mais reste critique.
« Depuis le lancement de la consigne sur les bouteilles en 2021, Verpact s’est concentré sur les poubelles de dons volontaires plutôt que sur les points de retour où les consommateurs peuvent récupérer leur caution. Dès le départ, la restitution effective des dépôts n’était pas une priorité. »
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