Publié le 23 novembre 2023 14:45:00. Une comète interstellaire, baptisée 3I/ATLAS, suscite l’émoi dans la communauté scientifique en raison de ses caractéristiques atypiques et de sa trajectoire inhabituelle, alimentant même des spéculations sur une possible origine artificielle.
- La comète 3I/ATLAS présente une trajectoire rétrograde et une composition chimique singulière, avec une proportion de nickel supérieure à celle du fer.
- Elle a affiché un éclaircissement plus rapide que toute autre comète observée, devenant même plus bleue que le Soleil à son périhélie.
- Des jets de gaz dirigés à la fois vers et à l’opposé du Soleil, ainsi qu’une accélération non gravitationnelle, défient les modèles actuels et interrogent sur sa nature.
Découverte le 1er juillet dernier, la comète 3I/ATLAS (prononcé “tri-A-T-L-A-S”) continue de fasciner les astronomes. Son origine extérieure à notre système solaire, confirmée par son orbite, la place dans la catégorie rare des objets interstellaires, comme ʻOumuamua et Borisov. Cependant, 3I/ATLAS se distingue par sa taille et ses propriétés, soulevant des questions fondamentales sur sa formation et sa composition.
Avi Loeb, un scientifique connu pour ses théories audacieuses, est l’un de ceux qui remettent en question l’origine naturelle de cette comète. Il suggère que les anomalies observées pourraient indiquer une intervention artificielle, bien que cette hypothèse reste très controversée. Les données collectées par le télescope spatial Hubble et d’autres observatoires terrestres sont scrutées à la recherche d’indices supplémentaires.
Voici 12 particularités de 3I/ATLAS qui ont captivé l’attention des scientifiques :
- Sa trajectoire est rétrograde, alignée à 5 degrés du plan elliptique des planètes autour du Soleil, avec une probabilité de seulement 0,2 %.
- Entre juillet et août 2023 et jusqu’au début novembre 2025, un jet de gaz dirigé vers le Soleil, appelé anti-queue, a été observé.
- Le noyau de 3I/ATLAS est un million de fois plus massif que ʻOumuamua et mille fois plus massif que Borisov, tout en se déplaçant plus rapidement qu’eux (probabilité inférieure à 0,1 %).
- Son arrivée dans le système solaire a été calculée avec précision, à des dizaines de millions de kilomètres de Mars, Vénus et Jupiter, la rendant difficilement observable depuis la Terre au périhélie (probabilité de 0,005 %).
- L’analyse de sa composition gazeuse révèle une concentration de nickel supérieure à celle du fer, similaire aux alliages de nickel utilisés dans l’industrie, ainsi qu’un rapport nickel/cyanure plus élevé que celui des autres comètes connues.
- Le panache gazeux de 3I/ATLAS contient 4 % d’eau en masse, une proportion courante dans les observations.
- Elle présente une polarisation négative extrême, sans précédent pour les autres comètes connues.
- Son origine coïncide avec la direction du célèbre signal “Wow!”, avec un écart de seulement 9 degrés.
- Près du périhélie, la comète 3I/ATLAS a augmenté en luminosité plus rapidement que toute autre comète observée, affichant une couleur plus bleue que le Soleil.
- Elle présente des jets de gaz dirigés à la fois vers et à l’opposé du Soleil, ce qui suggère une surface suffisamment grande pour absorber la lumière solaire et sublimer la glace, alimentant ainsi ces flux massiques.
- Près du périhélie, une accélération non gravitationnelle a été observée, nécessitant une éjection de masse équivalente à 13 % de sa masse totale. Les images montrent que la comète est restée intacte et ne s’est pas désintégrée.
- Les jets de gaz étroitement collimatés de 3I/ATLAS maintiennent leur orientation sur une distance d’un million de kilomètres et dans de multiples directions par rapport au Soleil, malgré la rotation de la comète.

3I/ATLAS (Observatoire international des Gémeaux/NOIRLab/NSF/AURA/Shadow the Scientist)
