Publié le 11 novembre 2023 18:45:00. Des milliers de Yéménites ont manifesté leur soutien au Conseil de transition du Sud (CTS) à Aden, après une période de tensions croissantes et d’affrontements avec les forces gouvernementales, illustrant la fragilité de l’alliance entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis dans le conflit yéménite.
- Des partisans du CTS ont organisé un rassemblement de grande ampleur dans le district de Khor Maksar, à Aden, leur bastion principal.
- Les manifestants ont exprimé leur opposition à l’Arabie saoudite et au gouvernement yéménite internationalement reconnu, brandissant des drapeaux du sud du Yémen.
- La dissolution annoncée du CTS est remise en question par certains de ses membres, révélant des divisions internes au sein du mouvement séparatiste.
La manifestation de samedi intervient après une escalade des tensions entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, alliés de longue date dans la guerre au Yémen. Au début du mois, les forces soutenues par Abu Dhabi avaient pris le contrôle de provinces stratégiques riches en pétrole, ainsi que du palais présidentiel d’Aden, avant d’être repoussées par une contre-offensive gouvernementale soutenue par Riyad. Cette prise de contrôle avait mis en évidence un désaccord croissant entre les deux puissances régionales concernant l’avenir du Yémen.
Le Conseil de transition du Sud, créé en avril 2017, regroupe des groupes prônant la restauration de l’indépendance du sud du Yémen, qui était un État distinct entre 1967 et 1990. Le CTS a bénéficié d’un soutien financier et militaire significatif des Émirats arabes unis. Son chef, Aidarous al-Zubaidi, avait fui Aden pour Abu Dhabi début novembre, après avoir refusé de participer à des négociations de désescalade à Riyad, selon les autorités saoudiennes. Il aurait été exfiltré clandestinement via la Somalie.
Vendredi, Abdulrahman Jalal al-Sebaihi, secrétaire général du CTS, avait annoncé la dissolution de tous les organes et bureaux du conseil, invoquant des désaccords internes et une pression régionale accrue. Cependant, Anwar al-Tamimi, porte-parole du conseil, a contesté cette décision, affirmant que seule la direction du CTS, sous la présidence d’al-Zubaidi, était habilitée à prendre de telles mesures. Cette divergence souligne les profondes divisions qui minent le mouvement séparatiste.
Le Yémen est plongé dans une guerre civile depuis 2014, lorsque les rebelles Houthis, soutenus par l’Iran, ont pris le contrôle de Sanaa, la capitale, forçant le gouvernement internationalement reconnu à s’exiler en Arabie saoudite. Une coalition dirigée par l’Arabie saoudite, avec la participation des Émirats arabes unis, est intervenue l’année suivante pour tenter de rétablir le gouvernement. La guerre, marquée par des enjeux sectaires et tribaux complexes, est dans une impasse depuis plusieurs années. Récemment, les Houthis ont conclu un accord avec l’Arabie saoudite mettant fin à leurs attaques contre le royaume en échange de la cessation des frappes saoudiennes sur leurs territoires. Plus d’informations sur l’accord entre les Houthis et l’Arabie saoudite.
L’escalade des tensions dans le sud du Yémen représente un nouveau rebondissement dans ce conflit complexe, mettant en lumière les fractures au sein de la coalition menée par l’Arabie saoudite et les ambitions séparatistes du sud du pays. Détails sur la dissolution du Conseil de transition du Sud.
Magdy a rapporté du Caire.
