Publié le 9 novembre 2025 à 13h05. Le président fédéral allemand, Frank-Walter Steinmeier, a mis en garde contre une menace sans précédent pour la démocratie, pointant du doigt l’extrême droite et l’antisémitisme grandissant, lors d’une cérémonie commémorative à Berlin.
- Frank-Walter Steinmeier alerte sur des attaques inédites contre la démocratie et la liberté en Allemagne.
- Il dénonce la montée en puissance des forces d’extrême droite et l’antisémitisme, exacerbé par les événements récents au Moyen-Orient.
- Le président appelle à une mobilisation citoyenne et à une coopération politique ferme contre les extrémistes.
Dans un discours prononcé le 9 novembre à Berlin, le président fédéral Frank-Walter Steinmeier a exprimé sa vive inquiétude face à la situation politique actuelle en Allemagne. Il a affirmé que la démocratie et la liberté n’avaient jamais été aussi menacées depuis la réunification du pays. Selon lui, ces menaces émanent principalement de l’extrême droite, qui gagne du terrain auprès d’une partie de la population.
Steinmeier a insisté sur la nécessité d’une réaction forte et coordonnée de la part des responsables politiques et de la société civile. « Il ne suffit pas d’attendre que la tempête passe et de se mettre à l’abri pendant un moment », a-t-il déclaré lors de la cérémonie commémorant les événements marquants du 9 novembre 1918, 1938 et 1989. Cette date symbolique est à la fois le jour de la proclamation de la République de Weimar en 1918, de la Nuit de Cristal en 1938, et de la chute du mur de Berlin en 1989.
« Il ne doit y avoir aucune coopération politique avec les extrémistes. Ni au gouvernement, ni dans les parlements. »
Frank-Walter Steinmeier, Président fédéral
Le président a dénoncé les méthodes de l’extrême droite, qui attire les gens avec « le doux poison de la colère » et la promesse d’un retour à une Allemagne « grande et puissante ». Il a souligné que les démocrates ont « beaucoup à faire pour contrer ces idées » et qu’ils disposent des atouts nécessaires : « la liberté, l’humanité, la connaissance de la direction vers laquelle mène la haine ». Malgré la solidité de l’Allemagne en termes de démocratie, d’État de droit et d’économie, Steinmeier a reconnu que de nombreux troubles agitent la société.
Sans nommer explicitement le parti Alternative für Deutschland (AfD), le président a réclamé une ligne rouge claire en matière de coopération politique avec les extrémistes, « ni au sein du gouvernement, ni dans les parlements ». Il a précisé que l’interdiction des partis est une mesure extrême, réservée aux cas les plus graves, et qu’il convient d’examiner attentivement si les conditions sont remplies. « Nous ne devons en aucun cas rester les bras croisés jusqu’à ce que ces questions soient clarifiées », a-t-il insisté.
Steinmeier a également mis en garde contre l’illusion de l’alarmisme, tout en soulignant l’urgence d’affronter les dangers sans complaisance. « Nous ne devons pas sombrer dans une nouvelle fascination pour l’autoritarisme, puis dans un nouveau manque de liberté, et ensuite tout le monde dit : ‘Nous ne voulions pas cela. Nous ne le savions pas’ », a-t-il averti.
Le président a enfin appelé à une implication citoyenne active : « Impliquez-vous ! Ce dont nous avons besoin maintenant, ce sont des démocrates actifs qui s’expriment, au parlement, au football, à la table des habitués, à l’école, à l’arrêt de bus et sur le lieu de travail. » Il a rappelé que le 9 novembre est une date chargée de symboles, à la fois positifs et négatifs, et que l’antisémitisme, loin d’avoir disparu, s’est même intensifié depuis l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. « Nous devons combattre l’antisémitisme, quelle que soit sa direction », a-t-il conclu.
