Publié le 2024-02-29 14:35:00. Une fratrie se retrouve désemparée après la découverte d’un testament révisé par leur père, léguant l’essentiel de sa fortune à une nouvelle amie, au détriment des parts initialement prévues pour ses enfants.
- Un homme a modifié son testament quelques semaines avant son décès, laissant 90 % de son héritage à une connaissance récente.
- Les enfants du défunt envisagent de contester le testament, estimant qu’une influence indue pourrait avoir été exercée sur leur père.
- Des facteurs tels que l’âge, la solitude et la dépendance du père envers cette amie pourraient jouer un rôle dans une éventuelle contestation.
Une famille est en proie à un conflit successoral après qu’un testament révisé ait radicalement modifié la répartition de l’héritage de leur père. Alors que le testament initial prévoyait un partage équitable entre ses trois enfants, une nouvelle version, rédigée seulement cinq semaines avant son décès, attribue 90 % de la succession, estimée à environ 2,5 millions de dollars (environ 2,3 millions d’euros), à Harriet, une amie proche du défunt. Un don de charité à la Société Protectrice des Animaux (SPCA) était également prévu dans la version originale.
Les enfants, profondément affectés par cette situation, se demandent s’il est judicieux de contester le testament. Ils soulignent que le nouveau document a été préparé par un avocat inconnu, contrairement à l’avocat de longue date de leur père. La rapidité avec laquelle le testament a été modifié, alors que leur père était malade, suscite également des interrogations.
Juridiquement, une contestation pourrait aboutir si un tribunal estime que le père a subi une influence indue de la part de Harriet lors de la rédaction du nouveau testament. L’influence indue se caractérise par une pression exercée sur le testateur, qui a pour effet de compromettre son libre arbitre. Il n’est pas nécessaire que cette pression prenne la forme de menaces ou de violence, mais elle doit être suffisamment forte pour dominer la volonté du défunt.
Plusieurs éléments pourraient étayer une telle contestation. Le père, âgé et isolé après le décès de son épouse, était particulièrement vulnérable. Il avait développé une relation étroite avec Harriet, qui l’aidait pour ses repas, ses déplacements et son jardinage, et dont il était devenu partiellement dépendant après son diagnostic de cancer. Le changement radical du testament, intervenu peu avant son décès, est également un facteur pertinent.
Le fait que Harriet était souvent présente lors des visites des enfants auprès de leur père, les empêchant d’avoir des discussions privées sur ses affaires, pourrait également être pris en compte. De plus, le recours à un nouvel avocat, potentiellement moins familier avec l’historique familial et les relations entre les parties, est un signal d’alarme.
Pour étayer leur demande, les enfants devraient obtenir une copie des notes de l’avocat ayant rédigé le nouveau testament, afin de déterminer ce que leur père a réellement exprimé comme étant ses volontés. Une expertise psychiatrique pourrait également être utile pour évaluer la vulnérabilité du père à l’influence indue, en tenant compte de son état de dépression.
Il est impératif d’agir rapidement. Si les enfants décident de contester le testament, ils doivent déposer leur demande dans les six mois suivant le décès. Les exécuteurs testamentaires peuvent demander une homologation une fois le certificat de décès obtenu, mais doivent attendre six mois avant de procéder à la distribution des biens.
Enfin, il pourrait être judicieux de vérifier les dossiers médicaux du père pour détecter tout signe de déclin cognitif au moment de la rédaction du testament. Il est également possible de reconnaître que Harriet, ayant apporté de la compagnie et de l’aide au père dans ses dernières années, mérite une part de l’héritage, bien que plus modeste.
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