Publié le 21 novembre 2025 à 15h13. Le gouvernement indonésien réaffirme son interdiction d’importer des vêtements usagés, tout en cherchant des solutions pour accompagner les nombreux commerçants qui dépendent de cette activité, notamment en promouvant les marques locales.
- Le ministre des MPME, Maman Abdurrahman, précise que la réglementation vise l’importation de vêtements d’occasion et non les friperies en tant que telles.
- L’interdiction d’importer des vêtements usagés est conforme à la loi numéro 7 de 2014 sur le commerce.
- Environ 7,5 millions de personnes en Indonésie dépendent de l’activité de revente de vêtements d’occasion.
Jakarta – Le gouvernement indonésien a réitéré sa position ferme concernant l’importation de vêtements usagés, face aux demandes de légalisation formulées par les commerçants de friperies. Maman Abdurrahman, ministre des Micro, Petites et Moyennes Entreprises (MPME), a clarifié la situation, soulignant que la réglementation actuelle cible spécifiquement l’importation et non l’activité de revente en elle-même.
Selon le ministre, le volume de vêtements usagés importés a connu une augmentation significative ces derniers temps, justifiant ainsi la nécessité d’une réglementation plus stricte.
« Nous ne parlons pas de friperies. Ce que nous réglons, c’est l’importation de vêtements d’occasion. C’était d’abord, nous allons régler les choses en premier. Donc, en règle générale, l’importation d’articles d’occasion est interdite. »
Maman Abdurrahman, ministre des MPME
Cette interdiction s’inscrit dans le cadre de la loi numéro 7 de 2014 sur le commerce, qui réglemente déjà l’importation de vêtements usagés. Le ministre du Commerce, Budi Santoso, a également insisté sur le fait que l’interdiction ne concerne pas la fiscalité, mais bien la nature même des produits importés.
« Les vêtements usagés (importés) ne sont pas interdits parce qu’ils ne paient pas d’impôts. Non, c’est interdit parce que ce sont des vêtements usagés. »
Budi Santoso, ministre du Commerce
La question a été soulevée par Rifai Silalahi, un commerçant du marché de Senen, qui a plaidé pour la légalisation de l’activité, estimant qu’elle représente une source de revenus pour environ 7,5 millions de personnes à travers l’Indonésie. Il a exprimé sa volonté de payer des impôts si l’activité était légalisée, soulignant que l’interdiction pourrait avoir des conséquences graves pour de nombreux foyers.
« Ce que nous espérons vraiment, c’est que, comme dans d’autres pays développés, la friperie soit légalisée. Pourquoi est-elle légalisée dans les pays développés ? Pourquoi pas chez nous, monsieur ? Parce qu’en fait nous couvrons près de 7,5 millions de personnes liées aux vêtements de friperie. »
Rifai Silalahi, commerçant de friperie
Le gouvernement s’engage à accompagner les commerçants en leur proposant des alternatives, notamment en les encourageant à se tourner vers la vente de produits fabriqués par les 1 300 marques locales soutenues par l’État. L’objectif est de trouver un modèle viable qui préserve les revenus des commerçants tout en respectant la réglementation en vigueur.
