Le Conseil fédéral propose deux hausses de la TVA, l’une de 0,4 % pour financer la 13e rente AVS et l’autre de 0,5 % pour la défense, selon des informations publiées le 28 juin 2026. Ces mesures font face à l’opposition de figures politiques comme Damien Cottier, qui prône une réallocation budgétaire.
Le double projet de hausse de la TVA
Les autorités suisses envisagent d’augmenter la taxe sur la valeur ajoutée à deux reprises pour répondre à des besoins financiers distincts. La première hausse, fixée à 0,4 %, est prévue sans limite de temps pour assurer le financement de la 13e rente AVS. Cette mesure intervient alors que le coût annuel de cette rente s’élève à 4,2 milliards de francs, avec une projection à 5,4 milliards d’ici 2040, comme le rapporte watson.ch.

La seconde proposition concerne le domaine de la défense avec une augmentation de 0,5 point. Contrairement à la mesure pour les retraites, celle-ci serait limitée dans le temps à une durée de 12 ans. L’objectif est de financer des investissements jugés indispensables pour garantir la sécurité du pays dans un contexte mondial instable.
Damien Cottier, membre du PLR/NE, s’oppose fermement à ces initiatives. Il considère que le Parlement devrait réévaluer ses priorités budgétaires et réaffecter des moyens existants plutôt que de créer de nouvelles charges fiscales pour les citoyens.
Un arbitrage budgétaire pour la défense
Le montant alloué au financement de l’armée a fait l’objet d’un ajustement à la baisse suite aux réactions durant la phase de consultation. Selon Le Courrier, le Conseil fédéral propose désormais une hausse de 0,5 point de TVA, alors que le montant initialement envisagé était de 0,8 point.
Ce recul témoigne de la levée de boucliers suscitée par l’idée d’augmenter la fiscalité pour les capacités de défense. Malgré cette réduction, le gouvernement maintient la nécessité de relever le taux pour accroître les capacités opérationnelles du pays.
Un bataillon de drones d’ici 2028
L’armée suisse engage une transformation profonde de sa doctrine pour faire face aux menaces hybrides et aux attaques à distance. Le point central de cette stratégie est la création d’un bataillon de drones, qui devrait être opérationnel d’ici 2028, d’après ICTjournal.
Ce bataillon servira de noyau pour l’introduction systématique de systèmes autonomes au sein des forces armées. Cette évolution s’accompagne d’une réorientation structurelle : l’armée passe d’un modèle axé sur la formation à une organisation tournée vers l’engagement opérationnel.
- Priorités technologiques : Lutte anti-drones, guerre électronique et protection des infrastructures critiques.
- Simplification du commandement : Réduction du nombre d’états-majors et d’officiers généraux.
- Partenariats : Collaboration renforcée avec les hautes écoles, l’industrie et les start-up d’ici 2029.
Les divergences du Conseil fédéral sur la menace
L’urgence de ces investissements fait l’objet de débats internes au sein de l’exécutif. Si la nécessité d’une stratégie globale englobant la défense civile et l’armée est admise, des dissensions persistent sur la réalité et la temporalité de la menace. Le Temps rapporte que certains membres du Conseil fédéral doutent de l’urgence immédiate de ces mesures.
Ce climat d’incertitude contraste avec les analyses des services de renseignement occidentaux, qui estiment que l’Europe sera particulièrement vulnérable à partir de 2028. Cette date coïncide précisément avec l’échéance fixée pour la mise en service du bataillon de drones, soulignant la pression temporelle qui pèse sur la modernisation militaire suisse.
Les discussions portent également sur la capacité de dissuasion, certains prônant la possibilité de mener des offensives derrière les lignes ennemies, tandis que d’autres s’interrogent sur l’impact d’une telle posture sur la politique de neutralité du pays.
Les enjeux de compétitivité et de commerce extérieur
L’opposition fiscale portée par Damien Cottier s’appuie sur une analyse de la position économique de la Suisse. Dans un contexte mondial instable, il soutient que le pays ne doit pas alourdir sa fiscalité pour préserver son pouvoir d’achat et sa compétitivité.
L’économie suisse, fortement orientée vers l’exportation, dépend de partenariats stratégiques dont la stabilité est aujourd’hui remise en cause par des tensions commerciales et des politiques interventionnistes. La répartition actuelle du commerce extérieur souligne cette dépendance :
| Partenaire commercial | Part du commerce extérieur |
|---|---|
| Union européenne (UE) | Environ 50 % |
| États-Unis et Chine (combinés) | 25 % |
Pour Cottier, la priorité doit être la diversification des partenariats et l’accroissement de la flexibilité économique plutôt que le recours systématique à la TVA, qu’il qualifie de solution paresseuse pour répondre aux défis budgétaires de l’État.
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