La crise climatique aggrave considérablement la pauvreté mondiale, touchant désormais plus d’un milliard de personnes vulnérables, révèle un rapport publié le 26 avril 2024 par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et l’Université d’Oxford, à quelques semaines du Sommet sur le climat COP30 au Brésil.
L’étude établit pour la première fois un lien direct entre les aléas climatiques – fortes chaleurs, pollution atmosphérique, inondations, sécheresses – et la pauvreté multidimensionnelle, qui prend en compte la santé, l’éducation et le niveau de vie. Selon le rapport, la pauvreté n’est plus simplement un problème socio-économique, mais est désormais inextricablement liée aux conséquences de l’urgence climatique.
« La pauvreté n’est plus un problème socio-économique autonome. Au lieu de cela, la pauvreté est aggravée et liée aux effets de plus en plus dramatiques de l’urgence climatique »,
Haoliang Xu, Administrateur par intérim du PNUD
À l’échelle mondiale, 1,1 milliard de personnes vivent dans une pauvreté multidimensionnelle, et 887 millions sont exposées à au moins un aléa climatique. Un nombre alarmant de 651 millions de personnes sont confrontées à deux risques ou plus, tandis que 309 millions subissent simultanément les effets de trois ou quatre chocs climatiques.
L’Asie du Sud et l’Afrique subsaharienne sont les régions les plus touchées, concentrant respectivement 380 millions et 344 millions de personnes pauvres vivant dans des zones exposées aux aléas climatiques. En Asie du Sud, 99,1 % des personnes vivant dans la pauvreté sont confrontées à au moins un choc climatique, et 91,6 % en subissent deux ou plus (351 millions de personnes).
« Les pays à revenu intermédiaire sont un épicentre caché de la pauvreté multidimensionnelle, abritant près des deux tiers de tous les pauvres. Et c’est également là que la crise climatique et la pauvreté convergent de manière notable »,
Sabina Alkire, directrice de l’Oxford Poverty and Human Development Initiative
Environ 548 millions de personnes pauvres dans les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure sont exposées à au moins un aléa climatique, et plus de 470 millions en sont confrontées à deux ou plus. Le rapport souligne également que les pays affichant actuellement les niveaux de pauvreté multidimensionnelle les plus élevés devraient connaître les augmentations de température les plus importantes d’ici la fin du siècle.
Les auteurs du rapport insistent sur la nécessité d’une action mondiale immédiate et coordonnée.
« De notre point de vue au PNUD, résoudre des problèmes aussi complexes et interdépendants nécessite des solutions holistiques et intersectorielles, adéquatement financées et mises en œuvre de toute urgence »,
Haoliang Xu, Administrateur par intérim du PNUD
Ils appellent à l’espoir et à la coopération, affirmant que les solutions existent et qu’il est possible de soutenir les populations et les pays les plus vulnérables, notamment dans le cadre de la COP30.
