Publié le 10 janvier 2024 à 16h30. Une audience devant la Haute Cour de Calcutta concernant les perquisitions de la Direction de l’application des lois (ED) dans les locaux d’une société de conseil politique liée au parti au pouvoir au Bengale occidental a été interrompue vendredi en raison d’une atmosphère chaotique et de l’incapacité à maintenir l’ordre dans la salle d’audience.
- La juge Suvra Ghosh a reporté l’audience au 14 janvier, invoquant des « perturbations et agitations énormes ».
- L’ED et Mamata Banerjee, la ministre en chef du Bengale occidental, ont déposé des requêtes concernant les perquisitions menées par l’ED.
- La juge Ghosh a quitté la salle d’audience après avoir constaté que ses appels au calme étaient ignorés par les avocats et autres personnes présentes.
La situation tendue fait suite à une série de perquisitions menées par la Direction de l’application des lois (ED) contre I-PAC, une société de conseil politique travaillant pour le Congrès de Trinamool, le parti de Mamata Banerjee. Ces opérations s’inscrivent dans le cadre d’une enquête pour blanchiment d’argent ouverte en 2020. Jeudi, Mamata Banerjee s’était rendue au domicile du directeur d’I-PAC, Pratik Jain, alors que l’agence effectuait des fouilles.
Selon l’ED, la ministre en chef du Bengale occidental aurait entravé l’enquête en se rendant sur les lieux des perquisitions et en emportant des documents et des dispositifs de stockage. L’agence accuse également le directeur général de la police (DGP) Rajeev Kumar et le commissaire de police de Calcutta Manoj Varma d’avoir volé des preuves numériques et d’avoir exercé des pressions sur les agents de l’ED.
De son côté, Mamata Banerjee affirme que l’ED agit sous les ordres du BJP et cible I-PAC afin d’obtenir des informations sur la stratégie électorale du Congrès de Trinamool en vue des prochaines élections législatives. Elle accuse l’agence de vouloir « dérober » des données spécifiques concernant son parti.
L’audience de vendredi, initialement prévue à 14h30, a été perturbée par l’afflux d’un grand nombre d’avocats et d’autres personnes dans la salle d’audience n°5. Les avocats de l’ED et du Congrès de Trinamool se sont plaints de l’impossibilité de plaider leur cause en raison du chaos ambiant. Après avoir tenté, en vain, de rétablir l’ordre, la juge Ghosh a finalement décidé de reporter l’audience.
Suite à l’ajournement, l’ED a demandé une audience d’urgence devant le juge en chef par intérim Sujoy Paul, mais sa requête a été rejetée. Le juge Paul a estimé qu’il n’y avait aucune raison de convoquer une audience d’urgence alors que la date de la prochaine audience avait déjà été fixée.
