Plus de dix ans après sa disparition mystérieuse, les recherches pour retrouver l’épave du vol MH370 de Malaysia Airlines vont reprendre, ravivant l’espoir de réponses pour les familles des 239 personnes à bord. Le gouvernement malaisien a annoncé ce mercredi 3 décembre un nouvel accord avec la société américaine de robotique marine Ocean Infinity pour une nouvelle phase de recherche dans le sud de l’océan Indien.
Le Boeing 777 avait disparu des écrans radar le 8 mars 2014, 39 minutes après son décollage de Kuala Lumpur à destination de Pékin. Depuis, l’enquête a été marquée par une succession de théories, allant de la plus plausible à la plus improbable, sans jamais parvenir à déterminer avec certitude les causes de la catastrophe.
Une hypothèse privilégiée évoque un événement soudain – un incendie, une dépressurisation – qui aurait rendu l’équipage et les passagers inconscients, l’appareil continuant son vol en pilote automatique jusqu’à épuisement du carburant. Le dernier contact radio du pilote avec le contrôle aérien de Kuala Lumpur, « Bonne nuit, Malaisien Trois Sept Zéro », reste gravé dans les mémoires comme la dernière communication avant l’entrée de l’avion dans l’espace aérien vietnamien.
Quelques minutes après le décollage, le transpondeur de l’avion, essentiel pour identifier sa position, s’est éteint. Les données radar militaire ont ensuite révélé un revirement de l’appareil au-dessus de la mer d’Andaman, tandis que les signaux satellites suggèrent qu’il a continué à voler pendant plusieurs heures avant de s’écraser dans une zone isolée du sud de l’océan Indien. Ces données sont corroborées par des signaux “ping” horaires entre l’avion et les satellites, selon Aerospace Global News, ainsi que par l’absence de communication radio et une trajectoire de vol compatible avec un fonctionnement en pilote automatique.
D’autres pistes, plus controversées, ont également été explorées. Certains experts suggèrent que l’avion aurait été dévié de sa route par un membre de l’équipage, voire par un acte de détournement. L’absence d’appel de détresse, la difficulté d’attribuer la navigation à une simple panne technique et la découverte d’une route correspondant à la trajectoire de l’avion sur l’ordinateur personnel du commandant de bord alimentent cette hypothèse. Le groupe indépendant affirme que le capitaine Zaharie Ahmad Shah aurait volontairement modifié la trajectoire de l’avion avant de le laisser s’épuiser ou de le diriger vers la mer.
En 2018, les enquêteurs malaisiens ont conclu à l’absence d’éléments indiquant un acte criminel, mais n’ont pas exclu une « ingérence illégale », suggérant que quelqu’un aurait délibérément coupé les communications et détourné l’appareil.
Des théories plus extravagantes ont également circulé, impliquant même des puissances étrangères. Dans son livre The Disancing Act: The Impossible Case of MH370, la journaliste Florence de Changy avance l’idée que l’avion aurait été abattu par les États-Unis pour empêcher l’arrivée d’une technologie secrète en Chine. D’autres spéculations, relayées sur les réseaux sociaux, pointent du doigt Kim Jong-Un, le dirigeant nord-coréen, ou le Kremlin, accusé d’avoir voulu détourner l’attention de l’annexion de la Crimée en 2014. Jeff Wise, un expert en aviation, a déclaré en 2019 à Channel 5 que la Russie avait été « beaucoup critiquée » pour cette annexion et que cette disparition pouvait servir à détourner l’attention du public de la situation en Ukraine.
Enfin, une panne mécanique catastrophique est également envisagée. Certains experts estiment qu’une défaillance des systèmes de communication et de navigation aurait pu expliquer la trajectoire de l’avion, mais cette hypothèse ne permet pas d’expliquer la poursuite du vol sur une longue distance sans intervention de l’équipage.
À ce stade, le mystère du vol MH370 demeure entier, et la reprise des recherches par Ocean Infinity représente un dernier espoir pour les familles des victimes de connaître enfin la vérité.
