L’administration américaine a relancé jeudi le projet de forages pétroliers en eaux profondes au large de la côte Pacifique, une décision qui suscite une vive opposition en Californie et de la part des défenseurs de l’environnement. Cette initiative, qui concerne également les côtes de l’Alaska et du Golfe du Mexique, vise à renforcer l’indépendance énergétique des États-Unis.
À retenir
- L’administration américaine propose d’ouvrir à la location 34 sites de forage offshore d’ici 2031, dont six au large de la Californie.
- Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a dénoncé cette proposition, la qualifiant d’« idiote » et promettant de se battre pour protéger le littoral californien.
- Cette décision intervient après une période de ralentissement des locations de terrains pour l’exploration pétrolière et gazière en mer.
Contexte
Le ministère de l’Intérieur américain justifie cette initiative par la nécessité de répondre aux « besoins énergétiques croissants » du pays et de soutenir la production nationale de pétrole et de gaz. Selon les estimations du ministère, le plateau continental extérieur pourrait contenir encore environ 68,8 milliards de barils de pétrole et 229 000 milliards de pieds cubes de gaz naturel (environ 6 477 milliards de mètres cubes). L’administration Trump avait déjà tenté de relancer les forages offshore, mais ces efforts avaient été freinés par des contestations juridiques et des changements de politique.
Le secrétaire à l’Intérieur, Doug Burgum, a souligné que « la production pétrolière et gazière offshore ne se fait pas du jour au lendemain. Il faut des années de planification, d’investissement et de travail acharné avant que les barils n’arrivent sur le marché ». Il a également affirmé que cette initiative permettra de « veiller à ce que l’industrie offshore américaine reste forte, que nos travailleurs restent employés et que notre pays reste dominant en matière d’énergie pour les décennies à venir. »
Ce qui change
La proposition prévoit la location potentielle de 34 sites de forage offshore entre 2026 et 2031 : 21 au large des côtes de l’Alaska, sept dans le golfe du Mexique et six le long de la côte Pacifique. Une période de commentaires publics de 60 jours débutera dès la publication de la proposition au Federal Register, prévue lundi prochain.
La réaction en Californie a été immédiate et virulente. Le gouverneur Gavin Newsom a déclaré : « Cette tentative imprudente de vendre notre littoral à ses grands donateurs pétroliers est morte. Les Californiens se souviennent de la dévastation environnementale et économique des marées noires passées. » Il a ajouté, avec une pointe d’ironie : « Il est intéressant que la proposition de Donald [Trump] n’inclue pas les eaux au large de Mar-a-Lago. »
Le procureur général de Californie, Rob Bonta, a également dénoncé cette initiative, estimant que « le président Trump a montré à maintes reprises que son intérêt réside dans le fait que ses amis des grandes sociétés pétrolières profitent au détriment de notre environnement et de la santé publique ». Des organisations environnementales, comme Orange County Coastkeeper, ont également exprimé leur opposition, soulignant les risques de marées noires et les dommages potentiels aux écosystèmes marins.
Garry Brown, fondateur et président d’Orange County Coastkeeper, a déclaré : « De nouveaux forages entraîneront des marées noires encore plus dévastatrices. Il s’agit d’une industrie intrinsèquement dangereuse avec un long historique de catastrophes catastrophiques, comme la marée noire du Refugio Santa Barbara en 2015 et la marée noire d’Amplify Huntington Beach en 2021. »
Prochaines étapes
La période de commentaires publics sera cruciale pour déterminer l’avenir de cette proposition. Les autorités californiennes et les organisations environnementales se préparent à mobiliser leurs forces pour faire entendre leur voix. Le Bureau of Ocean Energy Management gère actuellement 2 073 concessions pétrolières et gazières offshore actives, couvrant environ 11,2 millions d’acres (environ 45,3 kilomètres carrés), et représentant environ 15 % de la production pétrolière nationale.
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Nombre de concessions offshore actives (1er septembre) | 2 073 |
| Superficie des concessions offshore actives | 11,2 millions d’acres (environ 45,3 km²) |
| Production pétrolière offshore (contribution nationale) | Environ 15 % |
| Pétrole estimé non découvert | 68,8 milliards de barils |
| Gaz naturel estimé non découvert | 229 000 milliards de pieds cubes (environ 6 477 milliards de m³) |
Sources
Communiqué du ministère de l’Intérieur américain.
