Les médicaments amaigrissants sur ordonnance et les risques pour les jeunes hommes : une nouvelle étude alerte
Les médicaments sur ordonnance pour la perte de poids, tels que l’Ozempic et le Wegovy, ont gagné en popularité ces dernières années. Initialement conçus pour traiter le diabète ou l’obésité, ils sont désormais utilisés par de nombreuses personnes qui ne souffrent pas de ces maladies. Une nouvelle étude tire la sonnette d’alarme concernant leurs effets potentiels sur les adolescents et les jeunes hommes, révélant des liens avec des troubles de l’alimentation et des problèmes de santé mentale.
Des chercheurs ont interrogé 1 543 hommes âgés de 15 à 35 ans aux États-Unis et au Canada, afin d’évaluer l’utilisation de médicaments de perte de poids sur ordonnance et de déterminer si cette utilisation était associée à des comportements alimentaires malsains. L’enquête a mis en évidence des tendances inquiétantes chez les hommes ayant pris ces médicaments au cours de l’année précédente.
Un petit pourcentage, un gros problème
Seulement 1,2 % des participants – soit un total de 19 personnes – ont déclaré avoir utilisé des médicaments sur ordonnance pour perdre du poids au cours des 12 derniers mois. Bien que ce chiffre puisse sembler faible, les attitudes et les comportements de ce groupe étaient significatifs.
Les utilisateurs étaient en moyenne plus âgés que les non-utilisateurs et présentaient des indices de masse corporelle (IMC) plus élevés, ce qui suggère une plus grande probabilité de surpoids ou d’obésité. Cependant, les différences les plus notables se situaient au niveau psychologique et comportemental.
Les hommes ayant pris ces médicaments étaient plus susceptibles de signaler des symptômes de troubles de l’alimentation, notamment des épisodes de boulimie, une perte de contrôle sur leur alimentation et même des comportements de purge par vomissements au cours des 28 derniers jours. Ces comportements étaient beaucoup plus fréquents que chez ceux qui n’avaient pas utilisé ces médicaments. Ils obtenaient également des scores plus élevés sur les mesures de la psychopathologie des troubles de l’alimentation, indiquant des pensées, des sentiments et des comportements liés à ces troubles.
Des médicaments comme Ozempic changent la conversation
Kyle T. Ganson, auteur principal de l’étude et professeur adjoint à l’Université de Toronto, souligne l’importance de ces résultats : « Ces conclusions sont particulièrement pertinentes compte tenu de la disponibilité croissante et de l’attention médiatique entourant les agonistes des récepteurs du GLP-1 comme l’Ozempic et le Wegovy. » Il ajoute : « Bien que ces médicaments soient généralement prescrits pour l’obésité ou le diabète, leur utilisation hors AMM pour la perte de poids est devenue de plus en plus courante. Notre étude identifie les effets psychologiques potentiels sur les jeunes hommes. »
Ces médicaments agissent en imitant une hormone qui régule l’appétit et la glycémie. Bien qu’ils puissent être bénéfiques pour les personnes ayant des besoins médicaux, la tendance croissante à les utiliser uniquement pour perdre du poids est préoccupante. Avec une pression sociale accrue pour atteindre un physique mince, ces médicaments sont perçus comme une solution rapide, ce qui a des implications sur la santé mentale, en particulier chez les personnes déjà aux prises avec des problèmes d’image corporelle, de contrôle et d’alimentation.
Les garçons et les hommes sont laissés pour compte dans la discussion des troubles de l’alimentation
L’un des aspects les plus frappants de cette recherche est l’attention portée aux hommes. La perception publique des troubles de l’alimentation est souvent centrée sur les filles et les femmes. Cependant, cette étude démontre que les garçons et les jeunes hommes sont également vulnérables. « Les garçons et les hommes sont généralement exclus des discussions sur les troubles de l’alimentation et les pressions liées à l’image corporelle, mais cette étude montre clairement qu’ils ne sont pas à l’abri de ces menaces », déclare Ganson.
L’étude suggère que les comportements liés aux troubles de l’alimentation pourraient être plus fréquents chez les hommes qui prennent des médicaments contre la perte de poids. Le lien précis entre la consommation de ces médicaments et les troubles de l’alimentation reste à éclaircir, mais la forte corrélation observée nécessite davantage de recherches et d’attention.
Certains experts estiment que les jeunes hommes peuvent ressentir une pression pour adopter une apparence spécifique – musclée et athlétique – mais manquent de modèles positifs ou de moyens d’exprimer leurs préoccupations concernant leur image corporelle. Ils peuvent alors se tourner vers des médicaments amaigrissants, une pratique sportive excessive ou des traitements sur ordonnance pour modifier leur apparence.
Un appel à la sensibilisation, à la recherche et aux changements de politique
Bien qu’il s’agisse d’une étude pilote avec un échantillon relativement restreint d’utilisateurs, les résultats mettent en lumière un problème plus vaste. Les auteurs appellent à des recherches supplémentaires pour comprendre comment ces médicaments affectent les jeunes hommes sur les plans physique et psychologique. Ils plaident également pour un dépistage accru, une meilleure éducation et des politiques publiques visant à identifier les signes avant-coureurs de ces problèmes.
Les médicaments sur ordonnance pour la perte de poids gagnent en popularité, en particulier chez les jeunes. Les médecins doivent soigneusement peser les avantages et les risques, et évaluer les troubles de l’alimentation potentiels et les motivations du patient en matière de perte de poids.
Les résultats de cette étude indiquent que les médicaments seuls ne peuvent pas résoudre les problèmes sous-jacents liés à l’image corporelle et à l’estime de soi. Il est nécessaire d’engager un dialogue plus large – impliquant tous les genres – et de renforcer les réseaux de soutien en matière de santé mentale pour les personnes aux prises avec ces difficultés.
Les professionnels de la santé, les établissements d’enseignement et les familles ont tous un rôle à jouer. En reconnaissant les pressions auxquelles sont confrontés les jeunes hommes et en comprenant les dangers des solutions rapides comme les médicaments sur ordonnance, la société peut progresser vers des options plus sûres et plus saines pour tous.
