Publié le 23 décembre 2025 18h30. Plus de quinze ans après la disparition tragique de Paulette, une fillette mexicaine retrouvée morte dans des circonstances troubles, sa mère, Lizette Farah, poursuit Netflix en justice, estimant que la série inspirée de l’affaire porte atteinte à son image et à sa vie privée.
- Lizette Farah a intenté une action en justice contre Netflix et la société de production Dinamo pour la série documentaire Histoire de crime : la recherche.
- Elle réclame des dommages et intérêts pour préjudice moral et abus de son image, alléguant que la série a eu un impact négatif sur sa vie personnelle et professionnelle.
- La plaignante demande également une part des bénéfices générés par la production, estimant que son image a été utilisée sans son consentement.
L’affaire Paulette, qui avait profondément marqué l’opinion publique mexicaine en 2010, refait surface avec cette action en justice. La fillette, âgée de quatre ans et souffrant d’un handicap moteur et du langage, avait disparu avant d’être retrouvée neuf jours plus tard, sans vie, dans sa propre chambre, sous son lit.
La série documentaire de Netflix, sortie en 2020, revisite les circonstances de cette affaire et l’enquête controversée qui avait suivi. Lizette Farah affirme que la production a gravement affecté sa vie. Son avocat, José Manzo, explique que sa cliente a été revictimisée par cette série.
« Cela a entraîné une série de conséquences pour mon client, depuis revivre la tragédie et la revictimiser jusqu’à recevoir une pluie de messages sur les réseaux sociaux et des mails. En conséquence, les entreprises et les problèmes de sa vie professionnelle se sont effondrés. Partout où elle passe, elle est reconnue et la problématique est à nouveau présente, même si les années ont passé. »
José Manzo, avocat de Lizette Farah
L’avocat souligne également que sa cliente vit désormais dans la crainte d’être agressée par des personnes influencées par la série, qui, selon lui, véhicule une image erronée de Lizette Farah. Il dénonce une « mauvaise image incorrecte » et une « perception inadéquate » de sa cliente.
Au-delà du préjudice moral, Lizette Farah réclame une compensation financière. Son avocat a précisé qu’ils demandent jusqu’à 40 % des bénéfices de la série, en se basant sur l’atteinte à son image et le préjudice subi. Il critique également le jeu de l’actrice Verónica Bravo, qui incarnait Lizette Farah dans la série.
Un élément clé de la demande de Lizette Farah réside dans le fait que la série affiche, lors du générique de fin, une comparaison directe entre l’image de l’actrice et la photo réelle de la mère de Paulette. La défense estime que cette juxtaposition renforce l’identification du personnage avec la personne réelle et aggrave le préjudice.
Pour l’instant, Netflix et la société de production Dinamo n’ont pas réagi publiquement à cette action en justice. L’affaire Paulette, qui avait déjà suscité une vive émotion au Mexique il y a plus de quinze ans, pourrait donc connaître un nouveau rebondissement judiciaire.
