Publié le 9 décembre 2023 16:15:00. Le projet de Future Combat Air System (FCAS), un programme ambitieux de développement d’un avion de combat de nouvelle génération, est au point mort en raison de tensions entre les principaux industriels européens et de désaccords sur la répartition des tâches. Un compromis est à l’étude pour sauver le projet, mais sa forme initiale pourrait être abandonnée.
- Le projet FCAS représente un investissement colossal de 100 milliards d’euros.
- Des divergences profondes entre Dassault Aviation et Airbus bloquent l’avancement du programme.
- Une solution de repli, axée sur un “Combat Cloud” commun, est envisagée par Berlin et Paris.
Le développement du FCAS, Système de Combat Aérien du Futur, est confronté à une crise majeure. Les désaccords entre les partenaires du consortium, notamment Dassault Aviation et Airbus, menacent de compromettre ce projet stratégique pour l’Europe, qui vise à réduire sa dépendance vis-à-vis des armements américains.
En novembre dernier, le chancelier allemand Friedrich Merz (CDU) avait déjà souligné l’importance de prendre des décisions rapides, avertissant que « beaucoup d’argent » était en jeu et qu’il ne fallait pas perdre de temps. La situation actuelle justifie pleinement ces préoccupations.
Selon des informations obtenues par «WirtschaftsWoche», la France souhaiterait impliquer un autre groupe industriel français dans le programme, une initiative qui ne fait pas l’unanimité du côté allemand. Airbus, de son côté, refuse de renégocier la répartition des lots de travaux initialement convenus.
Guillaume Faury, PDG d’Airbus, a exprimé publiquement son mécontentement :
« Notre partenaire (Dassault, éditeur) a montré très ouvertement qu’il n’était pas satisfait des lots de travaux convenus dans le programme et exige quelque chose qui ne correspond pas à ce qui a été convenu. »
Airbus laisse entendre que Dassault est libre de se retirer du projet s’il n’est pas satisfait de la configuration actuelle. Les tensions entre les deux groupes industriels sont de longue date et les « différences irréconciliables » sont évoquées à huis clos depuis des mois.
Face à cette impasse, une solution de compromis est à l’étude. Berlin et Paris envisagent de transformer le FCAS en un « Combat Cloud » commun, une infrastructure numérique qui servirait de base aux futurs avions de combat. Dans ce scénario, une norme commune serait établie, permettant aux industries allemande et française de développer des appareils compatibles, dans le cadre de projets distincts.
Cette approche pourrait non seulement désamorcer les tensions entre Dassault et Airbus, mais aussi ouvrir le programme à d’autres constructeurs européens. L’intégration de Saab, un constructeur suédois, a notamment été évoquée du côté allemand. Cette solution, qui suscite un certain intérêt à Berlin, pourrait permettre de relancer le projet FCAS tout en évitant une rupture complète.
L’abandon du projet FCAS dans sa forme actuelle aurait des conséquences politiques importantes, car il remettrait en question la volonté européenne de renforcer son autonomie en matière de défense. Il est donc impératif de trouver une solution rapidement pour préserver les ambitions européennes dans ce domaine stratégique.


