Publié le 25 décembre 2023 à 18h45. Les provinces de Chubut et de Buenos Aires intensifient la pression sur le gouvernement de Javier Milei en menaçant de saisir la Cour suprême de justice pour obtenir le paiement de fonds fédéraux considérables, exacerbant les tensions financières déjà vives.
- Le gouverneur de Chubut, Ignacio Torres, a annoncé qu’il déposera un recours devant la Cour suprême pour réclamer 51 milliards de pesos (environ 320 millions d’euros au taux de change actuel) dus par l’État national au titre des fonds de pension de la province.
- Jorge Macri, chef du gouvernement de Buenos Aires, a également averti qu’il pourrait saisir la Cour suprême pour obtenir le paiement des fonds de coparticipation fédérale, estimant la dette à plus de cinq milliards de dollars.
- Ces actions interviennent alors que le gouvernement Milei est confronté à des difficultés économiques et à une forte pression pour mettre en œuvre des mesures d’austérité.
Ignacio Torres a justifié son recours par le non-respect répété des engagements de l’État national envers la province de Chubut. Il a précisé que les fonds réclamés correspondent aux contributions dues aux retraités de la province, et que cette dette remonte à 2017.
« Nous réclamons la dette que la Nation doit à nos retraités et qui aurait dû être réparée depuis 2017 ; face à des non-respects répétés, nous avons fait la présentation à la Cour suprême de justice par l’intermédiaire du Parquet de l’État de Chubut. »
Ignacio Torres, gouverneur de Chubut
De son côté, Jorge Macri a souligné l’ampleur de la dette accumulée sous l’administration précédente. Il a indiqué qu’il préférerait parvenir à un accord amiable avec le gouvernement Milei, mais n’exclut pas de recourir à la justice si nécessaire.
« La dette d’Alberto [Fernández] était de plus de cinq milliards de dollars ; trois lignes de métro et j’en ai largement à revendre ; un manque de contrôle. »
Jorge Macri, chef du gouvernement de Buenos Aires
Macri a également déclaré :
« Nous devons parvenir à un accord avec le président et son équipe qui nous permette d’éviter cela [de saisir la Cour], comprenant le Gouvernement et le peuple, mais nous devons respecter les droits de la Ville. »
Jorge Macri, chef du gouvernement de Buenos Aires
Il a précisé que la Ville de Buenos Aires est prête à accepter des modalités de paiement échelonnées, mais refuse de renoncer à ses droits légitimes. La question de la coparticipation fédérale, qui régit la répartition des recettes fiscales entre l’État national et les provinces, est particulièrement épineuse, selon Macri, et constitue un héritage problématique de l’administration précédente.
Macri avait déjà rencontré Luis Caputo, le ministre de l’Économie, pour discuter de cette question et tenter de normaliser les versements de fonds. Il a souligné l’importance de ces ressources pour le développement de la Ville de Buenos Aires, qui constitue un moteur économique majeur pour le pays.
En novembre dernier, Macri avait déjà alerté Caputo sur le fait que le projet de budget 2026 ne prévoyait pas le maintien du versement hebdomadaire de 1,55 % des fonds fédéraux à la Ville, un versement garanti par un arrêt de la Cour suprême.
