Publié le 24 octobre 2025 07:16:00. À 77 ans, Alice Cooper, le parrain du shock rock, a prouvé à Inglewood qu’il était encore capable de captiver le public avec un spectacle visuellement saisissant et un répertoire intemporel, malgré une sélection de chansons qui ne remonte pas jusqu’à ses œuvres les plus récentes.
Contrairement à Judas Priest, qui a connu des périodes d’inactivité dans les années 1970, Alice Cooper (de son vrai nom Vincent Damon Furnier) n’est pas confronté aux mêmes défis en matière de programmation de ses concerts. L’artiste a en effet dissous son groupe original en 1975 et s’est depuis lancé dans une carrière solo prolifique, ponctuée de quelques retrouvailles, comme celle d’avril dernier qui a donné naissance à l’album « The Vengeance of Alice Cooper », sorti en juin.
Cette indépendance lui permet de rester au centre d’un spectacle énergique et divertissant, qu’il continue d’assurer avec une vitalité impressionnante, aidé par une condition physique remarquable et un maquillage qui défie le temps. Lors de sa récente performance à Inglewood, Cooper a offert un mélange équilibré de ses classiques et de titres plus récents, bien qu’il se soit arrêté en 2005 avec « Dirty Diamonds », le titre éponyme de l’album de cette année-là, laissant de côté ses cinq derniers albums studio, ainsi que « The Vengeance », qui n’a pas encore été intégré à ses concerts.
Nita Strauss, guitariste du groupe d’Alice Cooper.
(Timothy Norris/Forum Kia)
Le concert a retracé l’histoire musicale de Cooper, avec des titres remontant à 1971 (« I’m Eighteen »), 1972 (« School’s Out »), 1973 (« Muscle of Love » et « No More Mr. Nice Guy ») et 1975 (« Only Women Bleed » et « Cold Ethyl »). L’artiste a ensuite fait un saut dans les années 1980 avec « Who Do You Think We Are » (1981), sans suivre une chronologie stricte sur scène.
Cooper n’a pas oublié ses succès emblématiques, comme « Trash » (1989), qui a contribué à rendre le glam rock acceptable pour un public plus heavy, interprétant « Poison » et « House of Fire ». Des morceaux plus récents, tels que « Feed My Frankenstein » (1991) et « Brutal Planet » (2000), ont également trouvé leur place dans la setlist, témoignant de son flirt avec la scène industrielle.
Malgré la diversité des styles, le groupe accompagnant Cooper a su maintenir une cohérence musicale grâce à la direction de Nita Strauss, guitariste talentueuse qui a collaboré avec l’artiste pendant une décennie, avec une brève interruption pour accompagner la pop star Demi Lovato.

Corrosion of Conformity en concert au Forum.
(Timothy Norris/Forum Kia)
Mais Alice Cooper est bien plus qu’une simple musique. Au cours de son spectacle, il a enchaîné les costumes, apparaissant notamment en camisole de force – un clin d’œil à son personnage de fou – et simulant même sa propre décapitation, offrant ainsi un spectacle macabre qui a su traverser les années sans perdre de sa saveur.
En première partie, le public arrivé en avance au Forum a pu apprécier la performance de Corrosion of Conformity, un groupe plus jeune que Cooper, mais fort d’une carrière débutée en 1982, passant du punk hardcore à un son heavy teinté de stoner rock. Malgré l’absence de certains de ses titres les plus anciens, COC a démontré qu’il restait une force vive sur scène, porté par la présence de Pepper Keenan, guitariste et chanteur qui a rejoint le groupe plus tardivement et qui a su galvaniser la foule avec des interprétations puissantes de « Vote with a Bullet », « Albatross » (dédiée à Ace Frehley) et « Clean My Wounds ».
