Le nombre de femmes enceintes décédées en République démocratique du Congo a augmenté de 30 % depuis 2023, selon un rapport de l’OMS, en raison de leur évitement des hôpitaux par crainte de l’Ebola.
Le nombre de décès maternels en République démocratique du Congo (RDC) a connu une augmentation significative, atteignant une hausse de 30 % entre 2023 et 2026, selon un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) publié en juillet 2026. Cette tendance s’explique en partie par l’évitement des structures hospitalières par les femmes enceintes, craignant l’exposition au virus de l’Ebola, qui a connu une reprise dans certaines régions du pays.
Craintes de l’Ebola et réticence à consulter
Les autorités sanitaires locales signalent que de nombreuses femmes enceintes évitent les centres de santé en raison de la peur d’être contaminées par le virus de l’Ebola, malgré des mesures de prévention renforcées. « Les patients racontent avoir vu des patients isolés dans les hôpitaux, ce qui les dissuade de venir », a déclaré un responsable de la santé de l’UNICEF lors d’une conférence de presse en juin 2026.
Une enquête menée par le Centre de recherche sur les maladies infectieuses de Kinshasa (CRMIK) en mai 2026 révèle que 62 % des femmes interrogées dans les provinces de l’Équateur et du Kivu oriental ont déclaré éviter les soins prénatals en raison de la peur de l’Ebola. « Les informations erronées circulent sur les réseaux sociaux, affirmant que les hôpitaux sont des lieux de contamination », a ajouté le directeur du CRMIK, Dr. Jean-Paul Mwana.
Impact sur les soins prénatals et les résultats maternels
Cette réticence à consulter a entraîné une diminution des consultations prénatales, augmentant le risque de complications lors de l’accouchement. Selon l’OMS, 45 % des femmes enceintes dans les zones touchées n’ont pas reçu de suivi médical pendant leur grossesse en 2026, contre 28 % en 2023. « Les soins prénatals sont essentiels pour détecter les risques tels que l’hypertension ou le diabète gestationnel, mais ils sont de plus en plus négligés », a précisé un médecin du centre de santé de Mbandaka.
Les données de l’Institut national de la santé publique (INSP) montrent que les taux de mortalité maternelle dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Équateur ont augmenté de 22 % entre 2023 et 2026. « Beaucoup de femmes accouchent à domicile, sans assistance médicale, ce qui augmente les risques de saignements ou de complications infectieuses », a souligné un responsable du ministère de la Santé.
Mesures des autorités et campagnes de sensibilisation
Face à cette situation, le gouvernement congolais a lancé en juillet 2026 une campagne de sensibilisation pour rassurer la population. « Nous travaillons avec des chefs religieux et communautaires pour expliquer que les hôpitaux sont sécurisés et que les mesures de quarantaine sont strictes », a déclaré la ministre de la Santé, Dr. Christine Kambale.
Des tests réguliers et des protocoles d’hygiène renforcés ont été mis en place dans les centres de santé. « Les équipes médicales reçoivent des masques, des gants et des blouses jetables, et les salles d’accouchement sont désinfectées après chaque intervention », a expliqué un infirmier du centre de Kinshasa. Cependant, des ONG locales soulignent que ces mesures ne suffisent pas à dissiper les craintes.
Résistance à la vaccination et désinformation
Une autre cause de la réticence est la méfiance envers la vaccination contre l’Ebola. Selon une enquête de l’Institut africain de recherche (IAR) en avril 2026, 38 % des habitants des régions touchées refusent la vaccination, craignant des effets secondaires. « Les rumeurs selon lesquelles la vaccination provoque l’Ebola circulent activement », a affirmé un responsable de l’OMS.
Pour combattre cette désinformation, le gouvernement a collaboré avec des influenceurs locaux et des médias communautaires. « Nous utilisons des radios locales et des réseaux sociaux pour diffuser des messages de confiance », a précisé un porte-parole du ministère de la Santé. Cependant, des experts alertent sur la lenteur de ces campagnes.
Perspectives et attentes
Les autorités prévoient d’élargir les centres de santé dédiés à la maternité dans les zones à risque. « Nous espérons ouvrir 15 nouveaux centres d’accouchement sécurisés d’ici 2027 », a annoncé le ministre de la Santé. Cependant, les ONG soulignent que des financements supplémentaires sont nécessaires pour répondre à la crise.
« La priorité est de rétablir la confiance des populations dans les services de santé, tout en renforçant les mesures de prévention de l’Ebola », a conclu un expert de l’OMS. Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’efficacité des campagnes de sensibilisation et des mesures sanitaires.
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