Publié le 7 janvier 2026 14h58. Le salon CES de Las Vegas, grand rendez-vous mondial de la technologie, est cette année marqué par une forte présence de l’industrie du divertissement, qui explore les opportunités et les défis posés par l’intelligence artificielle.
- L’intelligence artificielle est au cœur des discussions, avec plus de 25 panels et événements dédiés à son impact sur le cinéma, la publicité et la création de contenu.
- Malgré les inquiétudes initiales, de nombreux experts se montrent optimistes quant à la capacité de l’IA à stimuler la créativité plutôt qu’à la remplacer.
- L’essor des créateurs de contenu indépendants et leur rôle croissant dans l’industrie du divertissement sont également mis en avant.
Las Vegas est le théâtre d’une convergence inédite entre la technologie et le divertissement. Au-delà des gadgets innovants – une sucette connectée, un robot plieur de linge ou des briques LEGO « intelligentes » – le salon CES 2026 est dominé par une réflexion approfondie sur l’avenir de l’industrie du spectacle face à l’essor de l’intelligence artificielle (IA).
Plus de 25 événements et tables rondes sont consacrés à ce sujet, explorant les implications de l’IA pour les studios traditionnels, les créateurs de contenu et l’ensemble de l’écosystème du divertissement. Les questions abordées sont nombreuses : quelles sont les capacités cinématographiques de l’IA ? Quel impact aura-t-elle sur la publicité ? Quel rôle l’économie des créateurs jouera-t-elle dans ce nouveau paysage ?
L’IA suscite des débats passionnés à Hollywood, où de nombreux professionnels craignent de voir leur métier menacé par cette technologie en constante évolution. L’apparition de Tilly Norwood, un personnage entièrement créé par l’IA et présenté comme le premier « acteur IA » à l’automne dernier, a notamment provoqué une vive controverse. Les questions de propriété intellectuelle, de droits d’auteur et d’utilisation des images et des données restent au centre des préoccupations.
Cependant, de nombreux intervenants au CES se montrent optimistes quant aux bénéfices potentiels de l’IA. Ils estiment qu’elle peut être un outil puissant pour aider les artistes à développer leur créativité et à repousser les limites de la narration.
« Les outils que nous créons ont libéré quelque chose en nous. Ils ont en quelque sorte démocratisé la narration, car n’importe qui peut désormais être un conteur. Cela uniformise les règles du jeu, mais permet également aux gens de raconter plus facilement les histoires qu’ils ont toujours voulu raconter et qu’ils n’auraient jamais eu l’occasion de raconter. »
Dwayne Koh, responsable de la création chez Leonardo.ai
Certains rappellent que la panique face aux nouvelles technologies n’est pas nouvelle dans l’industrie du divertissement.
« Lorsque nous avons lancé Photoshop dans les années 90, nous recevions également des appels téléphoniques très en colère de la part de créatifs qui affirmaient que nous détruisions l’artisanat. »
Hannah Elsakr, vice-présidente des nouvelles entreprises d’IA générative d’Adobe
« Nous n’en sommes qu’aux débuts de l’IA, précise Hannah Elsakr. Je ne crois pas qu’il s’agisse d’une question de remplacer les artistes par des chats qui sautent du plongeoir. L’IA est avant tout un outil de créativité, et le réalisateur, l’artiste ou l’acteur resteront les garants de la qualité. »
Le salon CES met également en lumière l’importance croissante des influenceurs et des créateurs de contenu indépendants. Leur efficacité, souvent renforcée par l’utilisation d’outils basés sur l’IA, suscite l’intérêt des entreprises de médias traditionnelles.
« Nous avons potentiellement le prochain grand cinéaste, le prochain grand showrunner de télévision, le prochain grand entrepreneur numérique », a déclaré Brad Haugen, vice-président exécutif de la stratégie numérique et de la croissance chez Lionsgate et 3 Arts. « Les créateurs ne sont pas là seulement pour commercialiser des produits. Ils ne sont pas seulement là pour faire des vidéos sur Internet. Ils sont en fait les futurs Spike Jonze et Sofia Coppola. »
Brad Haugen, vice-président exécutif de la stratégie numérique et de la croissance chez Lionsgate et 3 Arts
D’autres événements liés au divertissement sont prévus mercredi, notamment des panels organisés par Variety avec des dirigeants de Netflix, Disney et Warner Bros. Discovery, ainsi que l’acteur Joseph Gordon-Levitt.
En marge de ces conférences, le CES expose une multitude de produits et de services innovants liés au divertissement : téléviseurs dotés de fonctionnalités avancées, écouteurs intelligents alimentés par l’IA, guitares « intelligentes » sans cordes, et même des fauteuils équipés de systèmes audio intégrés. Amazon a également annoncé le lancement d’Alexa.com, qui intègre son assistant IA au web et propose des recommandations personnalisées de films et de séries télévisées, ainsi qu’une fonction permettant d’accéder directement à une scène spécifique grâce à une simple description.
