Publié le 24 novembre 2023 14:35:00. Une étude britannique révèle que la combinaison d’une alimentation équilibrée et d’une activité physique régulière est la stratégie la plus efficace pour limiter la prise de graisse corporelle, en particulier la graisse viscérale dangereuse pour la santé.
- Améliorer son régime alimentaire et son niveau d’activité physique, même modestement, réduit la prise de poids et la quantité de graisse stockée dans le corps.
- La graisse viscérale, celle qui s’accumule autour des organes abdominaux, est particulièrement sensible aux changements de comportement liés à la santé.
- Les bénéfices sont d’autant plus importants lorsque l’amélioration de l’alimentation et de l’activité physique sont mises en œuvre simultanément.
Une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’unité d’épidémiologie du Medical Research Council (MRC) de l’Université de Cambridge met en lumière l’importance d’adopter une approche globale pour lutter contre la prise de poids et ses conséquences sur la santé. L’étude, publiée dans JAMA Network Open, a suivi 7 256 adultes participant à l’étude Fenland pendant sept ans.
Les participants, dont l’âge moyen était de 49 ans au début de l’étude et de 56 ans au moment du suivi, ont vu leur dépense énergétique liée à l’activité physique mesurée grâce à des capteurs portables de fréquence cardiaque et de mouvement pendant au moins 72 heures à deux reprises, à sept ans d’intervalle. Parallèlement, la qualité de leur alimentation a été évaluée à l’aide d’un questionnaire sur la fréquence alimentaire, en se basant sur leur adhésion au régime méditerranéen. Ce régime, riche en fruits, légumes, céréales complètes, légumineuses, noix et huile d’olive, privilégie une consommation modérée de poisson, de volaille, d’œufs et de produits laitiers, tout en limitant la viande rouge et les sucreries.
Pour évaluer la composition corporelle des participants, les chercheurs ont utilisé la DEXA (absorptiométrie biphotonique à rayons X), une technique d’imagerie permettant de distinguer la graisse corporelle, la masse osseuse, la masse musculaire et la masse maigre. Des ultrasons ont également été utilisés pour détecter la présence d’une stéatose hépatique, une accumulation anormale de graisse dans le foie.
Les résultats de l’étude sont sans équivoque : les améliorations de la qualité de l’alimentation et de la dépense énergétique liées à l’activité physique sont associées à une réduction de la prise de poids, de la graisse corporelle globale, de la graisse sous-cutanée et de la graisse viscérale, ainsi qu’à une diminution du risque de stéatose hépatique. L’effet combiné d’une alimentation saine et d’une activité physique régulière est particulièrement puissant. Les participants qui ont amélioré à la fois leur régime alimentaire et leur niveau d’activité physique ont perdu en moyenne 1,9 kg de graisse corporelle totale et 150 g de graisse viscérale pendant la période de suivi, comparativement à ceux qui n’ont pas modifié leurs habitudes. Cela représente environ 7 % de la graisse corporelle totale initiale et 16 % de la graisse viscérale initiale.
L’étude précise que la graisse viscérale est particulièrement sensible aux changements de comportement. Après ajustement en fonction de l’indice de masse corporelle (IMC), l’association entre les changements de régime alimentaire et d’activité physique et les modifications de la graisse viscérale est restée significative, contrairement à l’association avec la graisse sous-cutanée.
« Lorsque nous parlons de changements de poids corporel, nous faisons souvent référence à un seul chiffre sur la balance. Cependant, toutes les pertes ou tous les gains de poids ne sont pas égaux. »
Dr Shayan Aryannezhad, unité d’épidémiologie du MRC
« Nous avons découvert que combiner une meilleure alimentation avec plus d’activité physique est un moyen efficace d’améliorer non seulement le poids, mais aussi la quantité et la localisation des graisses stockées dans le corps. C’est particulièrement efficace pour réduire l’accumulation de graisses nocives autour des organes. »
Dr Shayan Aryannezhad, unité d’épidémiologie du MRC
Le professeur Nita Forouhi, également de l’unité d’épidémiologie du MRC, souligne l’importance de ces résultats pour la prévention des maladies et le vieillissement en bonne santé :
« Nos recherches montrent qu’une amélioration de l’alimentation avec plus d’activité physique à la quarantaine entraîne non seulement une perte de poids, mais peut potentiellement aider à prévenir les maladies et à favoriser un vieillissement en meilleure santé. »
Professeur Nita Forouhi, unité d’épidémiologie du MRC
Les chercheurs insistent sur la nécessité d’agir sur l’environnement pour faciliter l’adoption d’habitudes plus saines.
« Malgré les défis liés à la vie dans des environnements qui favorisent une mauvaise alimentation et l’inactivité, il y a des avantages à apporter de petits changements durables qui conduisent à une alimentation plus saine et à une plus grande dépense énergétique. Pour lutter contre l’épidémie d’obésité et ses énormes coûts sociaux, psychologiques et sanitaires, les décideurs politiques devraient chercher à modifier les environnements alimentaires et d’activité physique afin que des options plus saines soient plus accessibles à tous. »
Professeur Nita Forouhi, unité d’épidémiologie du MRC


