Publié le 22 novembre 2025 10:09:00. L’ancien président brésilien Jair Bolsonaro a été placé en détention préventive ce samedi, accusé d’avoir orchestré une tentative de coup d’État après sa défaite à l’élection présidentielle de 2022. Cette décision de la Cour suprême intervient après une enquête approfondie sur les événements du 8 janvier 2023, où des partisans de Bolsonaro ont attaqué les institutions démocratiques à Brasilia.
- Jair Bolsonaro a été arrêté à son domicile de Brasilia et conduit au commissariat.
- La Cour suprême brésilienne a ordonné sa détention préventive pour « garantir l’ordre public ».
- L’ancien président était déjà assigné à résidence depuis le 4 août dernier.
L’arrestation de l’ancien chef de l’État survient au lendemain des demandes de ses avocats de purger une peine de 27 ans de prison, prononcée en première instance pour tentative de coup d’État. La Cour suprême avait précédemment condamné Bolsonaro le 11 septembre pour avoir cherché à « perpétuer » son pouvoir après sa défaite face à Luiz Inácio Lula da Silva.
Selon l’enquête, Bolsonaro et un groupe d’anciens ministres et de commandants militaires auraient conspiré pour contester les résultats de l’élection et rester au pouvoir. Cette conspiration aurait évolué vers des actions concrètes, culminant avec l’attaque du 8 janvier 2023 contre le palais présidentiel, le Parlement et la Cour suprême.
Parallèlement à l’arrestation de Bolsonaro, la Cour suprême a également ordonné la détention préventive du député Alexandre Ramagem, un allié de l’ancien président, accusé d’avoir fui aux États-Unis pour échapper à la justice. Ramagem, ancien directeur de l’Agence brésilienne de renseignement, a été condamné à 16 ans de prison pour son rôle dans la tentative de coup d’État. Plus d’informations sur l’arrestation de Ramagem.
Outre Ramagem, plusieurs autres anciens responsables ont été condamnés dans cette affaire, notamment Almir Garnier (24 ans de prison), Anderson Torres (24 ans de prison), Auguste Hélène (21 ans de prison), Mauro Cid (sans précision de peine), Paulo Sérgio Nogueira (19 ans de prison) et Walter Souza Braga Netto (26 ans de prison).
La décision finale de la Cour suprême, prise par quatre voix contre une, a été motivée par la nécessité de protéger l’ordre démocratique et d’empêcher de nouvelles tentatives de déstabilisation. Le juge Cristiano Zanin, ancien avocat de Lula da Silva, a souligné que les preuves démontraient l’intention de Bolsonaro de « violer la primauté du droit démocratique ».
L’accusation reproche à Bolsonaro d’avoir été le chef d’une « organisation criminelle » visant à empêcher l’investiture de Lula après sa victoire à l’élection de 2022. Selon le parquet général, le complot a débuté en juin 2021, lorsque Lula a commencé à gagner du terrain dans les sondages. Il s’est ensuite manifesté par une campagne de discrédit contre les institutions et le système électoral, suivie de protestations et d’attaques après la victoire de Lula.
L’ancien président brésilien a été condamné à une peine de 27 ans et trois mois de prison pour ces faits. Cette condamnation, confirmée par la Cour suprême, met fin à une période d’incertitude politique et juridique au Brésil.
