Publié le 10 janvier 2024. En janvier 1955, la chanteuse Rosemary Clooney dominait les charts britanniques avec son titre entraînant « Mambo Italiano », un succès international entaché d’une controverse inattendue aux États-Unis.
Le 9 janvier 1955, « Mambo Italiano » de Rosemary Clooney atteignait le sommet des ventes de singles au Royaume-Uni. La chanson, qui a également figuré dans le top 10 des classements aux États-Unis et en France, a connu un succès retentissant, mais son parcours a été semé d’embûches outre-Atlantique.
L’histoire raconte que Bob Merrill, l’auteur-compositeur de « Mambo Italiano », était sous pression pour livrer rapidement sa création. Il aurait griffonné les paroles sur une simple serviette de restaurant, puis transmis la mélodie et le texte par téléphone. Un exploit d’autant plus impressionnant si l’on considère le reste de sa carrière : Merrill est également l’auteur de chansons emblématiques telles que « (How Much Is) That Doggie in the Window », « The Kid’s Last Fight » et « People ». Il s’est également distingué comme paroliste de comédies musicales, notamment Funny Girl et auteur-compositeur de Carnival, toutes deux saluées par la critique.
« Mambo Italiano » a su capitaliser sur plusieurs tendances populaires de l’époque. La musique mambo était à son apogée, et les chansons à thèmes fantaisistes séduisaient un large public. La chanson a su combiner ces deux éléments, tout en jouant sur les stéréotypes italiens alors en vogue. Cependant, ce dernier aspect a conduit à une interdiction massive de la chanson aux États-Unis.
Une interdiction généralisée pour Rosemary Clooney
Le texte de « Mambo Italiano » est un véritable mélange linguistique, incorporant de l’argot italien, espagnol, napolitain et italo-américain, ainsi que des expressions incompréhensibles. Cette complexité a rendu les paroles difficiles à déchiffrer pour certains auditeurs. En conséquence, toutes les stations de radio appartenant au réseau ABC aux États-Unis ont décidé de ne plus diffuser le titre. Les dirigeants, incapables de comprendre le sens des paroles, craignaient qu’elles ne soient suggestives.
Selon Songfacts, le label de Rosemary Clooney, Columbia Records, est intervenu pour clarifier la situation. La maison de disques a obtenu des déclarations d’un professeur de langues romanes et d’un prêtre catholique, attestant que les paroles n’étaient « en aucun cas offensantes ou vulgaires ».
Image en vedette par Archives de photos/Getty Images
