L’attaque terroriste survenue à Sydney, en Australie, le 26 décembre 2023, qui a coûté la vie à 16 personnes lors d’une célébration de Hanoukka à Bondi Beach, met en lumière une réalité alarmante : l’antisémitisme est devenu une menace directe à la sécurité nationale, et non un simple problème de discrimination.
L’incident, qui a notamment fait une victime survivante de la Shoah et un enfant de 10 ans, s’inscrit dans une série d’événements troublants. Il y a moins de trois mois, une synagogue de Manchester, au Royaume-Uni, avait déjà été la cible d’une attaque terroriste le jour le plus sacré du calendrier juif. Ces actes, bien que localisés, visent à semer la peur au sein de la communauté juive, une communauté déjà marquée par des siècles de persécution.
La réponse à ces attaques ne peut se limiter à un renforcement des mesures de sécurité autour des synagogues et des écoles juives, explique l’analyste. « Il ne s’agit pas seulement de protéger les Juifs, mais de comprendre que la sécurité de la communauté juive est intrinsèquement liée à la sécurité de l’ensemble de la société. » Des mesures de sécurité accrues, comme des voitures blindées pour transporter les écoliers ou l’interdiction de compétitions sportives israéliennes, peuvent paradoxalement conduire les Juifs à se sentir isolés et à remettre en question leur avenir dans ces pays.
L’analyste rappelle une expérience personnelle remontant à il y a trente ans, lorsqu’il était en Turquie : un diplomate israélien était contraint de se déplacer en taxi et de dissimuler son adresse, par crainte pour sa sécurité. Aujourd’hui, au Royaume-Uni, les synagogues et les écoles juives bénéficient d’un niveau de sécurité comparable à celui observé à Kaboul, avec une organisation comme le CST (Community Security Trust) entièrement dédiée à la protection de la communauté juive.
La lutte contre le terrorisme ne peut être efficace sans une lutte déterminée contre l’antisémitisme. L’analyste souligne qu’il est crucial de distinguer la critique légitime de l’État d’Israël de l’antisémitisme, conscient ou inconscient. Une campagne de lutte contre l’antisémitisme soutenue par l’État comporte des risques, notamment celui de renforcer l’isolement et la haine à l’égard de la communauté juive, mais le statu quo n’est plus acceptable.
« Si nous renonçons à la sécurité du peuple juif, d’autres seront les prochains à le faire », avertit l’analyste. Il craint qu’une nouvelle attaque majeure, par exemple lors de la Pâque en 2026, ne pousse la communauté juive à quitter l’Europe ou l’Amérique. Il est donc impératif de considérer l’antisémitisme comme une priorité absolue en matière de sécurité nationale.
L’expérience britannique suite aux attentats de Londres en 2005 (52 morts) a démontré qu’il ne suffisait pas de traquer les terroristes potentiels. Il est également essentiel de comprendre et de combattre la haine qui alimente le terrorisme et d’empêcher qu’elle ne contamine les personnes vulnérables.
