Publié le 23 décembre 2025. Des chercheurs sud-coréens ont mis au point une encre révolutionnaire capable de créer des circuits électroniques étirables et flexibles, ouvrant la voie à des applications allant des dispositifs portables aux systèmes d’absorption des ondes radar.
- Cette nouvelle encre adhère à divers matériaux et peut être appliquée par des méthodes d’impression classiques ou au pinceau.
- Elle permet de fabriquer des absorbeurs de métamatériaux capables de rendre des objets invisibles aux radars à une fréquence spécifique de 5,68 gigahertz (GHz).
- L’encre conserve ses propriétés conductrices même lorsqu’elle est étirée jusqu’à 120 fois sa longueur initiale et affiche une durabilité d’environ un an.
L’équipe de l’Institut supérieur coréen des sciences et technologies (KAIST) a développé une encre aux propriétés exceptionnelles. Elle se distingue par sa capacité à adhérer de manière fiable à une grande variété de surfaces et à être déposée facilement, que ce soit par des techniques d’impression conventionnelles ou à l’aide d’un simple pinceau. Un atout majeur : elle sèche de manière uniforme, sans défauts tels que des craquelures ou des taches, et ne nécessite aucun traitement supplémentaire après application.
Les circuits imprimés avec cette encre se révèlent particulièrement résistants à la déformation. Les tests ont démontré qu’ils peuvent être étirés jusqu’à 120 fois leur longueur d’origine sans perdre leur conductivité, et conservent cette performance pendant près d’un an. Cette flexibilité ouvre des perspectives considérables dans le domaine de l’électronique portable et adaptable.
Pour illustrer le potentiel de cette innovation, les chercheurs ont créé un absorbeur de métamatériaux capable d’interagir avec les ondes électromagnétiques. En imprimant de minuscules structures en forme de réseau avec leur encre spéciale, ils ont mesuré l’absorption de différentes longueurs d’onde. Les résultats sont prometteurs :
« À l’état non étiré, notre absorbeur métamatériau a absorbé des ondes électromagnétiques d’une fréquence de 5,68 gigahertz »
Équipe de recherche du KAIST
Cette fréquence correspond précisément à celle utilisée par les radars. En théorie, un métamatériau conçu pour cette plage de fréquences pourrait rendre un objet invisible aux radars. De plus, les chercheurs ont constaté que l’étirement du matériau permet d’ajuster la fréquence d’absorption : plus le matériau est étiré, plus la fréquence de résonance diminue. Cette caractéristique permettrait de couvrir différentes plages de fréquences de rayonnement électromagnétique en fonction de l’étirement et du motif imprimé.
Il est important de noter que cet absorbeur de métamatériaux n’a aucun effet sur la lumière visible. Pour parvenir à une invisibilité totale, il faudrait un matériau capable d’interagir avec des fréquences environ 100 000 fois plus élevées.
Au-delà de la perspective d’une “cape d’invisibilité”, cette nouvelle encre offre un large éventail d’applications potentielles. Les chercheurs soulignent son adaptabilité, qui en fait un matériau prometteur pour l’électronique extensible et flexible, notamment dans les dispositifs portables, la robotique souple, les systèmes de conversion et de stockage d’énergie, ainsi que les nanogénérateurs. Plus d’informations sur cette recherche sont disponibles ici.
Source : Institut supérieur coréen des sciences et technologies (KAIST)
23 décembre 2025 – Claudia Krapp
