Publié le 26 novembre 2025 à 02h35. Le gouvernement chilien a annoncé un report du calendrier de réévaluation des biens immobiliers, une mesure qui avait suscité des inquiétudes quant à son impact sur les finances locales et les propriétaires, notamment dans la région de l’Araucanie.
- Le gouvernement reporte de janvier 2026 à début 2027 la réévaluation des biens immobiliers pour le calcul des cotisations.
- Cette décision intervient dans le cadre des discussions budgétaires en cours au Congrès et sera intégrée dans un projet de réajustement du secteur public.
- Des experts estiment que ce report pourrait entraîner une diminution de 5 % des recettes fiscales, soit entre 120 et 150 millions de dollars par an.
Au cœur des débats budgétaires qui agitent le Congrès chilien, l’Exécutif a annoncé cette semaine un report significatif du calendrier de réévaluation des biens immobiliers. Initialement prévue pour janvier 2026, cette réévaluation, qui influe directement sur le montant des cotisations foncières, est désormais repoussée à début 2027. Cette annonce intervient alors que le gouvernement s’apprête à présenter en décembre un projet de réajustement du secteur public, une initiative qui s’annonce déjà complexe.
Ce report vise à permettre une plus grande transparence dans la méthodologie de calcul des cotisations, un point soulevé par divers acteurs politiques et qui concerne le fonctionnement du Service du revenu interne (SII). L’objectif est d’éviter toute contestation liée à l’évaluation des propriétés.
Francisco Labarca, professeur à la Faculté d’Économie et de Commerce de l’Université du Développement (UDD), met en garde contre une approche trop précipitée de cette question. Il souligne également les risques liés à une éventuelle suppression pure et simple de la taxe, compte tenu de ses implications financières.
« Il faut être prudent lorsque l’on aborde ces questions, ainsi qu’avec ceux qui parlent de l’élimination définitive de la taxe, compte tenu de l’impact fiscal qu’aurait cette mesure. »
Francisco Labarca, professeur à l’Université du Développement (UDD)
Selon les estimations de Rodrigo Palma, économiste à l’Université de Barcelone et professeur à l’UTEM, ce report pourrait avoir un impact non négligeable sur les finances publiques.
« Cela représenterait une diminution d’environ 5 % de la collecte, cela représente environ entre 120 et 150 millions de dollars par an (environ 110 à 140 millions d’euros), ce qui affecterait fondamentalement les municipalités qui dépendent largement de ce Fonds. »
Rodrigo Palma, économiste à l’Université de Barcelone et professeur à l’UTEM
L’impact de cette mesure se fera particulièrement sentir au niveau des municipalités, qui dépendent en grande partie des fonds issus des cotisations foncières.
La situation est particulièrement délicate en Araucanie, où les propriétaires terriens sont confrontés à des problèmes spécifiques. Ils dénoncent le fait de continuer à payer des cotisations même lorsque leurs terres ont été illégalement occupées ou détruites par des incendies criminels. Sebastián Naveillán, président de l’Association des agriculteurs de Malleco, accuse l’État de ne pas intervenir suffisamment dans cette région.
« Même lorsque leurs terres ont été usurpées, ils continuent de payer des cotisations. »
Sebastián Naveillán, président de l’Association des agriculteurs de Malleco
En juin dernier, Javier Etcheberry, alors directeur du SII, avait déjà annoncé une série de mesures correctives visant à améliorer la transparence et la fiabilité du calcul des cotisations immobilières. Ce report s’inscrit donc dans une démarche plus large de révision du système.
