Publié le 1er octobre 2025 à 13h23. Les autorités chinoises ont condamné à mort onze membres du clan Ming, accusés de diriger un vaste empire criminel à la frontière avec le Myanmar, dans le cadre d’une offensive contre la fraude en ligne et la traite des êtres humains.
- Onze membres du clan Ming ont été condamnés à mort par un tribunal de la province du Zhejiang.
- L’organisation est accusée de fraude massive en ligne, de traite des êtres humains et de meurtres.
- La répression de Pékin s’intensifie face à la prolifération des réseaux criminels à la frontière avec le Myanmar.
Un tribunal populaire intermédiaire de Wenzhou a prononcé ces peines capitales lundi dernier, visant les principaux membres de la famille Ming. Cinq autres accusés ont écopé de la peine de mort avec sursis, tandis que douze autres ont été condamnés à des peines de prison allant de cinq à 24 ans. Ces condamnations s’inscrivent dans le cadre d’une vaste campagne lancée par Pékin pour démanteler les réseaux de fraude transfrontalière qui sévissent à la frontière avec le Myanmar.
Les crimes reprochés au clan Ming incluent la fraude en ligne à grande échelle, la traite des êtres humains et le meurtre de personnes ayant tenté de s’échapper des complexes criminels. Le tribunal a établi la responsabilité de l’organisation dans la mort d’au moins dix victimes, dont quatre ont été tuées lors d’un transfert forcé en octobre 2023.
Les onze condamnés à mort doivent maintenant attendre l’examen obligatoire de leurs peines par la plus haute cour de Chine, une étape préalable à l’exécution.
La famille Ming, considérée comme l’une des quatre principales “mafias” du nord du Myanmar, avait mis en place un réseau complexe d’escroqueries en ligne, de casinos illégaux et de trafic de drogue. Pour mener à bien ses activités, elle exploitait de vastes complexes de fraude dans la région autonome de Kokang, dont la capitale, Laukkaing, était devenue un épicentre du crime organisé régional. Photo d’un complexe à KK Park, l’un des principaux centres d’escroquerie et de traite à Myawaddy, Myanmar.
Les victimes étaient souvent des personnes victimes de la traite, forcées de travailler sous la menace et sous surveillance armée dans ces centres. Au plus fort de son activité, l’organisation contrôlait plus de 10 000 personnes dans les parcs d’escroquerie, selon les informations diffusées par la chaîne de télévision chinoise CCTV.
La pression de Pékin sur ces centres de fraude s’est accrue en 2023, suite à des plaintes internationales et aux demandes pressantes de familles chinoises à la recherche de leurs proches disparus. Les autorités avaient alors proposé des récompenses allant jusqu’à 70 000 $ pour les informations menant à l’arrestation des dirigeants du clan.
Ming Xuechang, le chef de la famille, s’est suicidé en détention, et ses enfants et petits-enfants ont été arrêtés peu de temps après. Les enquêtes ont révélé que l’organisation avait généré des milliards de dollars grâce à la fraude en ligne, des fonds utilisés pour financer l’expansion des casinos, des maisons closes et des groupes armés.
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