Publié le 2024-02-29 10:00:00. La recherche actions, pilier des sociétés d’investissement, est en pleine mutation. Face à la pression sur les coûts et à la complexité croissante des marchés financiers, l’externalisation se profile comme une solution stratégique pour maintenir la compétitivité.
- La baisse des commissions de courtage et des frais de gestion d’actifs exerce une pression considérable sur les budgets de recherche.
- Le nombre d’analystes financiers a diminué d’environ 30 % au cours de la dernière décennie, augmentant la charge de travail et réduisant la capacité d’analyse approfondie.
- L’externalisation des services de recherche permet aux gestionnaires d’actifs de réduire leurs coûts et d’étendre leur couverture géographique et sectorielle.
Longtemps considérée comme le cœur battant des sociétés d’investissement, la recherche actions, basée sur des modèles financiers sophistiqués et une analyse pointue des entreprises et des secteurs, est confrontée à un tournant majeur. L’interconnexion accrue de l’économie mondiale, l’accélération du flux d’informations et l’explosion du nombre de sociétés cotées – désormais plus de 44 000 à l’échelle mondiale – ont profondément modifié le paysage.
La pression sur les frais est particulièrement forte. La prolifération des fonds passifs, des robo-conseillers et des produits à faible coût a entraîné une érosion continue des marges. La part des fonds gérés passivement a ainsi grimpé à environ 43 % du marché mondial, contre 23 % en 2015. Les experts estiment que les frais moyens pondérés des fonds communs de placement devraient diminuer d’environ 20 % d’ici 2025 par rapport aux niveaux de 2017.
Cette situation contraint les acteurs du secteur à repenser leurs modèles économiques. La baisse des commissions de négociation, combinée à la pression sur les frais de gestion d’actifs, a engendré une vague de restrictions budgétaires. Les établissements financiers sont donc amenés à reconsidérer la taille de leurs équipes de recherche, à réduire leur couverture sectorielle et à explorer des modèles plus flexibles, notamment via l’externalisation.
Produire des recherches de qualité est devenu plus coûteux que jamais. Les exigences réglementaires, les abonnements à des bases de données spécialisées et les obligations en matière de reporting sur le développement durable et la gouvernance ont augmenté les coûts de la recherche d’environ 15 à 20 % au cours des trois dernières années. Dans ce contexte, maintenir de larges équipes internes devient difficile, accélérant ainsi la tendance à l’externalisation.
Les commissions de courtage, longtemps source de financement principale des équipes de recherche des sociétés de bourse, sont en forte baisse. Les commissions sur les transactions d’actions institutionnelles ont diminué de 17,5 % aux États-Unis en 2022 et d’environ 14 % en Europe en 2023, limitant la capacité des sociétés de bourse à maintenir des équipes d’analyse importantes et les incitant à restructurer leur modèle de recherche.
Parallèlement, le nombre d’analystes de recherche actions dans les principales banques d’investissement mondiales a diminué d’environ 30 % au cours de la dernière décennie. Cette réduction des effectifs a conduit à une consolidation de la couverture sectorielle, avec un nombre croissant de sociétés attribuées à chaque analyste. Cela se traduit par une augmentation de la charge de travail et une diminution du temps disponible pour une analyse approfondie et spécialisée.
Face à ces défis, l’externalisation se présente comme une solution pragmatique pour étendre la couverture sans augmenter les coûts fixes. Des études sectorielles indiquent que plus de la moitié des gestionnaires d’actifs envisagent de recourir à l’externalisation lorsqu’ils s’implantent sur de nouveaux marchés ou lancent des produits à l’échelle mondiale, leur permettant ainsi de conserver leur agilité et de maîtriser leurs dépenses.
En déléguant les tâches répétitives telles que la collecte de données, la mise à jour des modèles financiers et la recherche fondamentale à des partenaires externes, les organisations peuvent libérer du temps pour leurs analystes internes, leur permettant de se concentrer sur une analyse approfondie et la génération d’idées d’investissement à forte valeur ajoutée. Le marché de l’externalisation des services financiers devrait atteindre 181,6 milliards de dollars en 2025, confirmant que ce modèle n’est plus une exception, mais un élément essentiel de l’avenir de la recherche actions.
Source : Magistral Conseil
