Publié le 3 décembre 2025. L’Andalousie ambitionne de renforcer son rôle sur la scène internationale avec la présentation de sa première Stratégie d’action extérieure pour la période 2025-2030, un plan qui vise à coordonner les efforts de la région et à projeter une image plus forte à l’étranger.
- La Stratégie d’action extérieure 2025-30 établit un cadre commun pour l’ensemble de l’administration andalouse.
- L’Andalousie souhaite devenir un partenaire clé en Méditerranée et consolider son rôle de pont avec l’Amérique latine.
- Le plan met l’accent sur la construction d’une nouvelle marque andalouse, axée sur le talent, la stabilité et un modèle régional attractif.
L’Andalousie a dévoilé le 1er décembre à Séville sa Stratégie d’action extérieure 2025-30, un plan global inédit pour la région, présenté par son ministre du Tourisme et des Affaires étrangères, Arturo Bernal. Cette initiative marque, selon M. Bernal, « un avant et un après dans la projection de notre communauté dans le monde ». L’événement a rassemblé d’importantes personnalités, dont l’ancien ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Alfonso Dastis, et Pablo Rupérez, directeur des Affaires européennes de Llorente et Cuenca.
Selon le conseiller Bernal, cette stratégie permettra à l’Andalousie « de cesser de réagir pour commencer à fixer l’agenda ». Il a précisé qu’elle vise à apporter cohérence et impact à la présence internationale de la région, en offrant une planification à long terme impliquant tous les ministères et entités concernés. Il ne s’agit pas, a-t-il souligné, d’un document isolé, mais d’un projet pour l’ensemble de l’Andalousie, en cohérence avec l’agenda international de la présidente Juanma Moreno et ouvert à la participation de la société civile.
Alfonso Dastis a salué l’ambition de cette stratégie, tout en insistant sur l’importance de la loyauté institutionnelle envers l’État espagnol et du respect des compétences.
« Je félicite l’Andalousie pour une stratégie aussi ambitieuse, mais qui repose sur un principe fondamental qui est la loyauté institutionnelle envers le Royaume d’Espagne et le respect de la répartition des pouvoirs. Elle soutient l’action de l’État et souligne la spécificité de l’Andalousie. »
Alfonso Dastis, ancien ministre des Affaires étrangères et de la Coopération
Pablo Rupérez a mis en avant la dimension extérieure déjà importante de l’Andalousie dans des domaines clés tels que le commerce, le tourisme, la culture et les fonds européens. Il a estimé que cette stratégie est une étape essentielle pour une réflexion approfondie sur la position de la région.
« C’est un élément fondamental. Ils sont une étape sur le chemin pour s’arrêter et réfléchir. Non seulement pour faire une analyse du contexte, mais pour voir comment on se voit. »
Pablo Rupérez, directeur des Affaires européennes de Llorente et Cuenca
L’Andalousie entend tirer parti de son influence croissante en Europe, notamment dans des domaines tels que le tourisme durable, les énergies propres et les politiques de l’eau. La future présidence du Comité des Régions en 2027, assurée par Juanma Moreno, devrait renforcer encore cette position. Les participants ont souligné l’importance de ce comité pour orienter les débats européens et défendre les intérêts de la région. Selon M. Dastis, « pouvoir orienter les débats et les questions clés pour l’avenir de l’Europe renforcera la position de l’Andalousie ». M. Rupérez a ajouté qu’il est crucial de « faire l’Europe » plutôt que de la laisser se faire à sa place.
La nouvelle stratégie andalouse se concentrera sur six zones géographiques prioritaires : l’Union européenne, la Méditerranée, l’Amérique latine, l’Amérique du Nord et l’Asie-Pacifique. L’objectif est de renforcer l’influence de l’Andalousie à Bruxelles, de devenir un partenaire clé en Méditerranée et de consolider son rôle de pont avec l’Amérique latine. La région ambitionne également d’attirer les investissements internationaux, de promouvoir l’internationalisation de ses entreprises et de faire rayonner sa culture à travers le monde.
Arturo Bernal a conclu en affirmant que cette feuille de route place l’Andalousie « dans la position qu’elle mérite : celle d’une région moderne, solide et ouverte, capable d’exercer un leadership international ». Il a souligné que la Stratégie d’action extérieure ouvre une décennie décisive pour la projection de l’Andalousie dans le monde et renforce sa capacité à influencer les décisions mondiales qui affectent son avenir.
