Pékin, le 21 janvier 2024. Le président sud-coréen Lee Jae Myung a entamé une visite de quatre jours en Chine, dans un contexte de tensions régionales croissantes et de volonté de Séoul de renforcer ses liens avec Pékin.
- Lee Jae Myung rencontrera Xi Jinping pour des discussions sur la péninsule coréenne et les relations bilatérales.
- Séoul réaffirme son respect de la politique d’une seule Chine concernant Taïwan.
- La Corée du Sud espère que la Chine jouera un rôle constructif pour relancer les négociations avec la Corée du Nord.
L’arrivée du président Lee Jae Myung à Pékin intervient alors que les relations sino-japonaises sont tendues, notamment en raison des prises de position de Tokyo concernant Taïwan. Le Premier ministre japonais Sanae Takaichi avait déclaré en novembre que son pays pourrait intervenir militairement si la Chine agissait contre l’île autonome, ce qui a suscité l’ire de Pékin. Cette visite marque également la première tournée en Chine de Lee Jae Myung depuis son investiture en juin dernier.
Avant son départ, le président sud-coréen a accordé une interview exclusive à la chaîne de télévision publique chinoise CCTV. Il a souligné l’importance de la relation entre Séoul et Pékin, affirmant que son gouvernement accorde une grande attention à ce partenariat.
« Cette visite en Chine vise à minimiser ou à éliminer les malentendus ou contradictions du passé, à élever et à développer les relations entre la Corée du Sud et la Chine à une nouvelle étape. »
Lee Jae Myung, président de la Corée du Sud
Il a également réaffirmé le respect constant de la Corée du Sud pour la politique d’une seule Chine concernant Taïwan, insistant sur le fait que le développement sain des relations bilatérales repose sur le respect mutuel. Il a salué Xi Jinping comme un « voisin vraiment fiable ».
La Chine a récemment mené des exercices militaires de grande envergure autour de Taïwan en réponse aux tensions croissantes et aux accusations portées contre le parti au pouvoir à Taïwan, que Pékin accuse de chercher à obtenir l’indépendance avec le soutien des États-Unis. En décembre, Pékin avait également imposé des sanctions à 20 entreprises américaines liées à la défense suite à un projet de vente d’armes à grande échelle à Taïwan.
Lee Jae Myung a tenu à préciser que la coopération de Séoul avec son allié militaire, les États-Unis, ne doit pas être interprétée comme une volonté de confrontation avec la Chine. Il a reconnu l’existence de malentendus passés qui ont pu nuire aux relations bilatérales et a exprimé son souhait de les surmonter.
Outre les questions liées à Taïwan, la visite du président Lee Jae Myung sera également consacrée à la situation sur la péninsule coréenne. Séoul et Washington exhortent Pékin, allié traditionnel et partenaire économique de la Corée du Nord, à utiliser son influence pour inciter Pyongyang à reprendre les négociations et à abandonner son programme nucléaire. La Chine est souvent accusée de ne pas appliquer pleinement les sanctions de l’ONU contre la Corée du Nord et de lui fournir une aide clandestine.
Dimanche, la Corée du Nord a procédé à de nouveaux tirs de missiles balistiques en mer, une nouvelle démonstration de force avant le prochain congrès du parti au pouvoir. Lors de son sommet avec Xi Jinping, prévu lundi, Lee Jae Myung devrait aborder en détail les moyens de rétablir la paix et la stabilité dans la région. Il rencontrera également Zhao Leji, président de l’Assemblée populaire nationale, et le Premier ministre Li Qiang, mardi. Séoul espère obtenir de la Chine un engagement plus fort en faveur de la désescalade et du dialogue avec la Corée du Nord.
La Corée du Sud souhaite également que cette visite se traduise par des résultats concrets bénéficiant aux citoyens des deux pays, notamment dans le domaine économique.
