Publié le 7 décembre 2023 08:30. Les inondations et les glissements de terrain dévastateurs qui frappent l’Indonésie ont fait plus de 900 morts et des centaines de disparus, tandis que l’aide humanitaire peine à atteindre les populations isolées. Ces catastrophes s’inscrivent dans un contexte de multiplication des événements météorologiques extrêmes en Asie du Sud-Est.
Le bilan des récentes inondations en Indonésie a dépassé les 900 décès, et des centaines de personnes restent portées disparues, ont indiqué les autorités. Plus de 100 000 habitations ont été détruites la semaine dernière après la formation d’un cyclone puissant et inhabituel au-dessus du détroit de Malacca, provoquant des pluies diluviennes et des glissements de terrain dans plusieurs régions de l’archipel.
Les équipes de secours s’efforcent d’atteindre les zones les plus isolées, où l’acheminement de l’aide se fait parfois uniquement par voie aérienne. Dans la région d’Aceh Tamiang, l’une des plus touchées, des survivants ont témoigné de la violence des inondations, décrivant des villages entiers rayés de la carte.
« Les gens ont survécu en s’accrochant aux toits de leurs maisons. Certains sont restés ainsi pendant trois jours, sans nourriture ni eau. »
Fitriana, survivante du village de Lintang Bawah
Un autre habitant a raconté comment il avait dû fuir avec sa famille après que l’eau ait envahi sa maison jusqu’au deuxième étage, avant de devoir à nouveau s’évacuer vers un village voisin. Il a expliqué :
« Cette nuit-là, alors que nous dormions, l’eau a soudainement trempé nos matelas [à Gampoeng Dalam Village]. Mais nous ne pouvions aller nulle part, car il n’y avait pas de terrain plus élevé. Heureusement, la maison de ma belle-fille avait deux étages. C’est là que nous avons survécu. »
Témoin anonyme
Selon l’agence de presse AFP, le gouverneur de la région a déclaré que les équipes de secours continuaient de rechercher des corps dans la boue, parfois jusqu’à la taille. Il a souligné l’urgence des besoins humanitaires :
« De nombreuses personnes ont besoin de produits de première nécessité. De nombreuses zones restent coupées du monde dans les régions reculées d’Aceh. Les gens ne meurent pas directement des inondations, mais de faim. »
Gouverneur de la région (nom non précisé)
Les médias indonésiens ont également rapporté que des détenus avaient été libérés d’une prison menacée par les eaux, les autorités expliquant qu’il n’y avait nulle part où les transférer. L’accès terrestre à deux villes, Sibolga et Tapanuli, reste interrompu, l’aide ne pouvant y parvenir que par voie aérienne et maritime. Des incidents de pillage ont été signalés dans certains supermarchés.
Ces inondations en Indonésie s’ajoutent à une série d’événements météorologiques extrêmes qui ont frappé l’Asie ces dernières semaines, avec un bilan cumulé de près de 2 000 morts au Sri Lanka, en Thaïlande, en Malaisie et au Vietnam.
Les équipes d’intervention tentent de rejoindre les populations sinistrées sur des routes rendues impraticables par les inondations. [Reuters]
