Publié le 25 octobre 2025 à 17h21. La 70ème édition de la Semaine Internationale du Film de Valladolid a démarré hier, mettant en lumière des œuvres audacieuses et des cinéastes de renom venus défendre leurs projets devant un public enthousiaste.
- Le réalisateur espagnol Fernando Franco a présenté “Subsuelo”, son premier thriller, une adaptation d’un roman argentin explorant les zones d’ombre de la moralité humaine.
- Le cinéaste brésilien Gabriel Mascaro a dévoilé « Le chemin bleu », une dystopie surréaliste questionnant le regard de la société sur le vieillissement.
- Le réalisateur chinois Bi Gan a captivé l’audience avec « Résurrection », une épopée visuelle expérimentale célébrant l’art cinématographique.
La 70ème Semaine Internationale du Film de Valladolid (Seminci) a ouvert ses portes hier avec une programmation riche et diversifiée. La présence des réalisateurs et acteurs, venus présenter leurs œuvres, a marqué le lancement de cette édition prometteuse.
La journée a débuté avec la projection de “Subsuelo” de Fernando Franco. Ce thriller, quatrième long métrage du réalisateur sévillan, marque un tournant dans sa carrière. Adapté du roman éponyme de l’écrivain argentin Marcelo Lubián, le film plonge le spectateur dans une atmosphère tendue et complexe, explorant la relation trouble entre deux frères jumeaux et le poids de la culpabilité. Franco a expliqué avoir été particulièrement attiré par la manière dont l’œuvre originale abordait la dynamique familiale :
« J’étais très intéressé par la façon dont le roman parlait de la famille. »
Fernando Franco, réalisateur
Le réalisateur a également souligné le défi d’adapter un texte “très complexe” en termes de gestion du temps et son désir d’explorer une mise en scène plus sophistiquée. L’actrice Sonia Almarcha, qui interprète la mère dans le film, a mis en avant l’importance de la répétition et de l’expérimentation durant le processus de création :
« Nous avons eu l’occasion de répéter beaucoup, d’essayer, de faire des erreurs, de voir où nous allions et de partager nos impressions. Quand nous sommes arrivés sur le tournage, la famille était prête et tout était en place. »
Sonia Almarcha, actrice
Diego Garisa, l’un des acteurs principaux, a salué la subtilité et la sensibilité du travail de Fernando Franco :
« Pour moi, ce fut une découverte de travailler dans cette ligne de subtilité, du sensible et moins du texte. Fernando est un maître en la matière. »
Diego Garisa, acteur
Dans la foulée, le public a pu découvrir « Le chemin bleu » du réalisateur brésilien Gabriel Mascaro. Ce film dystopique, se déroulant dans un futur proche, imagine un monde où les personnes âgées de 80 ans sont reléguées dans des colonies spécifiques. L’histoire suit Tereza, une femme de 77 ans, qui décide de s’enfuir pour réaliser un dernier rêve : voler en avion. Mascaro a révélé que le film était né de l’expérience de la veuve de son grand-père, qui s’était lancée dans la peinture après son décès, cherchant ainsi à donner un nouveau sens à sa vie.
La matinée s’est conclue avec la présentation de « Résurrection » du célèbre réalisateur chinois Bi Gan. Ce film ambitieux se structure en cinq parties, chacune dédiée à l’un des cinq sens. Il propose une épopée visuelle onirique, en constante mutation, qui explore les différentes facettes du cinéma. Bi Gan a affirmé que le cinéma était pour lui « un jeu » et a expliqué avoir commencé à écrire ce voyage circulaire à travers l’histoire du cinéma en 2020, pendant la pandémie. Il a continué à travailler sur le montage pendant plus d’un an, même après avoir remporté le Grand Prix du Jury à Cannes. La version projetée à Valladolid intègre d’ailleurs des modifications récentes.
« Pour moi, le plus important n’est pas le film lui-même, ni sa structure. Les formes du cinéma m’importent, mais elles ne sont pas la chose fondamentale. Le plus important, c’est l’émotion qu’il transmet, non seulement envers le cinéma, mais envers le monde. »
Bi Gan, réalisateur
