Publié le 2024-02-29 14:35:00. Une nouvelle étude révèle un lien entre la disponibilité réduite de certains récepteurs cérébraux et l’autisme, ouvrant la voie à des méthodes de diagnostic plus accessibles et moins coûteuses.
- Des chercheurs ont constaté une diminution de la présence d’un récepteur spécifique du glutamate, le mGlu5, dans le cerveau de personnes autistes.
- L’électroencéphalogramme (EEG) pourrait devenir un outil complémentaire à l’imagerie par tomographie par émission de positons (TEP) pour étudier l’activité cérébrale liée à l’autisme.
- Cette découverte pourrait aider à mieux comprendre les déséquilibres neuronaux associés à l’autisme.
Une équipe de chercheurs a identifié une différence significative dans le fonctionnement cérébral des personnes atteintes d’autisme. Leurs analyses ont mis en évidence une disponibilité moindre d’un type de récepteur du glutamate, appelé récepteur métabotropique du glutamate 5 (mGlu5). Le glutamate est un neurotransmetteur essentiel impliqué dans l’excitation des cellules nerveuses, et le mGlu5 joue un rôle crucial dans la régulation de cette excitation.
Les résultats de cette étude soutiennent l’hypothèse selon laquelle un déséquilibre entre les signaux excitateurs et inhibiteurs dans le cerveau pourrait contribuer aux caractéristiques associées à l’autisme. Pour approfondir ces observations, quinze participants autistes ont subi un électroencéphalogramme (EEG), un examen qui mesure l’activité électrique du cerveau. L’analyse des données EEG a confirmé une corrélation entre la présence de récepteurs mGlu5 moins nombreux et des schémas d’activité électrique spécifiques.
Cette découverte pourrait avoir des implications importantes pour le diagnostic et la recherche sur l’autisme. Actuellement, l’imagerie par tomographie par émission de positons (TEP) est souvent utilisée pour étudier le cerveau, mais cette technique est coûteuse et implique une exposition à des radiations. L’EEG, en revanche, est une méthode moins onéreuse et plus accessible.
« L’EEG ne remplacera pas complètement la TEP, mais il pourrait nous aider à comprendre comment ces récepteurs du glutamate pourraient contribuer à l’activité cérébrale continue d’une personne. »
Adam Naples, Ph.D., professeur adjoint au Child Study Center de l’YSM
Adam Naples, premier auteur de l’étude, souligne que l’EEG pourrait donc servir d’outil complémentaire précieux pour affiner notre compréhension des mécanismes cérébraux impliqués dans l’autisme et potentiellement identifier de nouvelles cibles thérapeutiques.
