Publié le 21 octobre 2025 à 07h34. L’Autorité néerlandaise de protection des données (AP) met en garde les citoyens contre l’utilisation des chatbots d’intelligence artificielle pour obtenir des conseils de vote, les jugeant biaisés et peu fiables. Ces outils tendent à favoriser certains partis politiques au détriment d’autres, faussant ainsi le paysage électoral.
- L’AP a constaté que les chatbots recommandent majoritairement le PVV (Parti pour la Liberté) ou GroenLinks-PvdA (Gauche verte-Parti travailliste).
- L’étude a comparé quatre chatbots populaires à des outils d’aide au vote établis comme le Kieskompas et StemWijzer.
- L’AP appelle les développeurs de chatbots à refuser de répondre aux questions relatives aux conseils de vote.
L’Autorité néerlandaise de protection des données (AP) tire la sonnette d’alarme concernant l’influence potentielle de l’intelligence artificielle sur le processus démocratique. Une récente enquête menée par l’AP révèle que les chatbots, de plus en plus utilisés par les électeurs pour s’orienter dans le choix de leur parti, fournissent des recommandations partiales et peu représentatives de la diversité du paysage politique néerlandais.
Selon les conclusions de l’AP, les chatbots ont tendance à orienter les utilisateurs vers deux partis en particulier : le PVV, parti d’extrême droite dirigé par Geert Wilders, et GroenLinks-PvdA, alliance de gauche verte et social-démocrate. Lors des tests effectués, le PVV a été conseillé dans plus de 30 % des cas, tandis que GroenLinks-PvdA a été recommandé dans près de 25 % des situations. À l’inverse, des partis comme le CDA (Appel chrétien-démocrate) et l’Union chrétienne ont reçu des recommandations extrêmement faibles, respectivement de 1,3 % et 0,3 %.
« Les chatbots donnent l’impression d’être des assistants intelligents, mais en réalité, ils manquent systématiquement leur objectif », explique Monique Verdier, vice-présidente de l’AP. « Par conséquent, les électeurs peuvent, sans le savoir, se voir conseiller de voter pour un parti qui ne correspond pas le mieux à leurs préférences. Cela porte directement atteinte à un pilier fondamental de la démocratie. »
Monique Verdier, vice-présidente de l’AP
Les chercheurs de l’AP parlent d’un « effet aspirateur », où les profils politiques progressistes sont systématiquement dirigés vers GroenLinks-PvdA, tandis que les profils conservateurs sont orientés vers le PVV. Les partis situés au centre de l’échiquier politique sont rarement recommandés, ce qui crée une distorsion et une polarisation du débat public. L’AP souligne que cette situation affecte l’intégrité des élections libres et équitables.
L’AP appelle donc les développeurs de chatbots à modifier leur fonctionnement afin d’éviter de fournir des conseils de vote. L’organisme de surveillance suggère que les chatbots devraient simplement refuser de répondre aux questions relatives aux préférences politiques, en orientant les utilisateurs vers des outils d’aide au vote plus neutres et transparents, tels que le Kieskompas et le StemWijzer.
Bien que l’AP ne dispose pas du pouvoir de contraindre les entreprises à modifier leurs algorithmes, elle affirme qu’elle continuera à surveiller de près les développements de l’intelligence artificielle et qu’elle n’hésitera pas à enquêter si elle estime que ces technologies représentent une menace pour la démocratie.
L’AP explique que les programmes d’intelligence artificielle comme ChatGPT, Gemini et Grok génèrent leurs réponses en se basant sur de vastes ensembles de données et des modèles linguistiques qui peuvent contenir des biais. Ces biais peuvent conduire à une représentation déformée du paysage politique et à des recommandations partiales.
