Publié le 10 octobre 2025 à 16h20. Google a suscité l’inquiétude de ses employés en exigeant le partage de données personnelles avec une start-up spécialisée dans les avantages sociaux, Nayya, pour accéder à leurs prestations de santé. Cette politique, initialement présentée comme obligatoire, a été assouplie après une levée de boucliers.
- Google avait initialement exigé que ses employés américains fournissent à Nayya l’accès à leurs données personnelles pour bénéficier de leurs avantages santé.
- Cette exigence, inhabituelle selon le PDG de Nayya, a provoqué des critiques de la part des salariés craignant pour la confidentialité de leurs informations de santé.
- Suite à la polémique, Google a modifié sa politique pour permettre aux employés de refuser le partage de données sans perdre leurs avantages, tout en limitant l’accès aux services de Nayya à ceux qui consentent.
L’affaire met en lumière les tensions croissantes entre la volonté des entreprises d’utiliser l’intelligence artificielle pour optimiser les avantages sociaux et les préoccupations légitimes des employés concernant la protection de leurs données personnelles. Selon des informations obtenues par Business Insider, c’est Google qui a initié cette demande de partage de données, et non Nayya.
Sina Chehrazi, PDG de Nayya, a expliqué que la plupart de leurs partenaires permettent aux employés de choisir quelles données ils souhaitent partager.
« Il s’agit généralement d’aller sur place et d’obtenir toute l’aide dont vous avez besoin »
Sina Chehrazi, PDG de Nayya
Nayya, fondée en 2020 et basée à New York, a levé plus de 130 millions de dollars pour son logiciel qui aide les employés à gérer leurs soins de santé et leurs avantages financiers. Parmi ses investisseurs figurent des acteurs majeurs de la gestion des ressources humaines tels que Workday et ADP.
L’annonce initiale de Google, révélée par Business Insider, suggérait que le refus de partager des données entraînerait la perte d’accès aux avantages sociaux. Cette perspective a rapidement suscité l’inquiétude des employés. Face à la controverse, Google a finalement assoupli sa position, autorisant désormais les employés à refuser le partage de données sans conséquence sur leurs prestations. Cependant, l’entreprise précise que ceux qui ne partagent pas leurs données ne pourront pas utiliser les services proposés par Nayya.
Cette affaire intervient alors que l’utilisation des outils d’IA, comme ChatGPT d’OpenAI, se généralise en entreprise, entraînant un partage croissant d’informations sensibles. Des entreprises comme Meta, Microsoft et Google encouragent leurs employés à utiliser l’IA dans leur travail quotidien, parfois au prix d’une collecte de données accrue.
Chehrazi insiste sur l’importance du consentement :
« L’avenir des données, c’est le consentement. Nous souhaitons uniquement aider les personnes qui souhaitent obtenir de l’aide, et uniquement de la manière dont elles souhaitent obtenir cette aide »
Sina Chehrazi, PDG de Nayya
Nayya propose une plateforme qui utilise l’IA pour personnaliser les recommandations en matière d’avantages sociaux. Les employés peuvent fournir des informations sur leur santé et leur mode de vie, et la start-up utilise ces données pour les orienter vers les prestations les plus adaptées à leurs besoins. La technologie suit également l’utilisation des avantages sociaux par les employés, comme le montant des franchises déjà couverts. Nayya travaille avec plus de 1 000 employeurs, dont le cabinet d’avocats Goodwin Procter et le système de santé Bon Secours Mercy Health.
Le marché de la navigation dans les avantages sociaux a connu des difficultés ces dernières années, avec de nombreuses entreprises ayant été rachetées ou ayant connu des problèmes financiers, comme Castlight Health et Included Health. Chehrazi estime que Nayya se distingue par sa capacité à connecter de manière transparente différentes sources de données et par son partenariat avec Workday.
